

Après avoir eu une réponse de la part du préfet de Mayotte pour apaisser les inquiéture sur la structure en bois de l'aérogare de Mayotte, les associations ont tenu à clarifier et à maintenir leur demande. |
Paris, le 16 février 2011 La Présidente de la FAMM Le Président de COMADEP A Monsieur le Directeur général de la DGAC,
Vos références : Courrier N° 110267 DG. Objet : Demande de moratoire sur l’architecture de l'aérogare de Pamandzi-Mayotte
Monsieur le Directeur général,
Nous accusons réception de votre courrier n°110267 DG en date du 31/01/2011 concernant notre demande de moratoire sur la structure principale de l’aérogare de Mayotte pour pouvoir mener une concertation large de la population mahoraise et afin de participer au choix retenu parmi l'ensemble des projets présentés. Nous insistons sur notre demande car nous estimons que c'est l'un des plus importants si ce n'est le plus important des projets de Mayotte.
Par ailleurs vous nous informez que les offres ont été examinées par une commission fixée par décret. Aussi, nous avons l'honneur de vous demander de bien vouloir nous donner les références de ce décret que nous ne trouvons pas ou bien de nous le faire parvenir à l'adresse indiquée ci-dessous.
De plus, vous dites que l’appel d’offre a été fait dans le cadre des règles européennes de transparence et d’équité.
Soyez rassuré, nous ne contestons ni la procédure d’appel d’offre ni le candidat choisi, à savoir SNC Lavalin pour la concession. Mais, nous dénonçons ici, le déroulement opaque du choix de l’architecture de ce bâtiment sans concertation avec la population de Mayotte. C'est le choix du matériau, utilisé (le bois) que nous dénonçons.
Aussi, lorsque vous affirmez que l’offre du candidat retenu s’est révélée comme la meilleure aux regards des critères de l’appel d’offre. Nous avons réellement du mal à comprendre comment le « BOIS », entièrement importé, car le bois de construction n'existe pas à Mayotte, avec un traitement particulier contre les agressions climatiques tropicales (problèmes que vous reconnaissez d'ailleurs dans votre lettre) puisse avoir l’offre la moins disant financièrement ?
Nous savons tous qu’en surface égale, un bâtiment en ossature bois coûte 30 à 40% plus cher qu’un bâtiment en parpaings sans parler de son entretien particulier. Pourquoi cela devrait-il être différent à Mayotte ? Et ce qui nous étonne aujourd'hui, c'est de ne pas pouvoir citer un exemple d'un bâtiment en bois construit dans un pays tropical de même climat que Mayotte, car personne ne peut comparer les constructions canadiennes à celles de Mayotte.
Par contre, si SNC Lavalin parvient, sur ce critère, à être moins cher que les autres, on se poserait sans doute quelques questions techniques, par exemple, comment garantir l’aspect esthétique du bois qui a tendance à perdre sa couleur d'origine ? Et on doutera de la profondeur d’examen des dossiers !
Quand vous prétendez que la pérennité ou bien longévité d'une construction en bois est meilleure que celle en béton ou en métal, vous auriez sans doute noté que cela est peut être vrai dans les zones tempérées et nullement vrai sous les tropiques. Quel que soit le traitement fait sur le bois, l’humidité ambiante avoisinant parfois des taux à 100%, cela entraîne une dégradation rapide du bois par rapport au béton.
Pour ce qui est de la qualité de service, il ne s’agit ici que d’une déclaration subjective, puisque cela ne dépend que de l’organisation en personnel et les moyens matériels, hors bâtiment, mis en place. D’ailleurs, nous sommes bien curieux de connaitre sur quelles bases ces prestations seront mesurées (Niveau de fiabilité ? niveau de sécurité ? niveau de confort ? niveau de disponibilité voire qualité de service !).
Maintenant que ce choix nous laisse penser qu'il a été imposé par vos services, il nous semble que la population de Mayotte a le droit de connaitre les différents projets qui étaient en concurrence. Ainsi, nous vous demandons de bien vouloir nous communiquer les différents plans de maquette (3D), éléments techniques et les informations utiles (tableau comparatif des critères) non confidentiels de nature à laisser la population mahoraise seule apprécier. Vous pouvez nous transmettre ces informations par les adresses email indiquées plus bas.
Pour l’heure nous restons attentifs et vigilants sur la réalisation et la livraison de l’ouvrage. Et plus particulièrement en matière de sécurité ERP, de fiabilité, de disponibilité, de confort (PMR), d’esthétique voire même en matière de qualité de service.
Monsieur le directeur général, il nous a semblé indispensable de vous apporter ces clarifications. Et de vous informer que le déroulement de ce choix, le choix le plus IMPORTANT pour notre île aurait permis d'associer les habitants de Mayotte.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le directeur général, l’assurance de notre haute considération.
Mme MOUSSA MALIKI et M. MADI MDAHOMA
Copie : - Monsieur le Député de Mayotte - Messieurs les Sénateurs de Mayotte - Monsieur le Président du Conseil Général de Mayotte - Madame la Conseillère Economique et Social |