MAYOTTE-OBSERVER
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Après avoir eu une réponse de la part du préfet de Mayotte pour apaisser les inquiétudes sur la structure en bois de l'aérogare de Mayotte, les associations ont tenu à clarifier et à maintenir leur demande.


Paris, le 12 Décembre 2010

La Présidente de la FAMM

Le Président de COMADEP

A

Monsieur le Préfet de Mayotte,

 

Objet : Demande de moratoire sur l’architecture de l'aérogare de Pamandzi-Mayotte

 

Clarification sur le courrier du préfet daté du 06 décembre 2010.

 

Monsieur le Préfet,

 

Nous accusons réception de votre réponse concernant notre demande de moratoire sur la structure principale de l’aérogare de Mayotte. Nous saluons d’ailleurs votre réponse rapide et certaines clarifications qui n’ont fait qu’apaiser la moitié de nos craintes.

 

Cependant, il nous semble important de vous apporter quelques précisions qui nous semblent essentielles sur vos affirmations.

 

Premièrement, dans le 4ème paragraphe de votre courrier vous faites mention du comité de pilotage crée par arrêté préfectoral du 19 juin 2008. Ce comité de pilotage semble avoir associé les élus locaux. Or, d’après nos informations, il semblerait, comme vous le dites à juste titre, que les élus n’ont été associés que sur la définition du cahier des charges et les modalités de sélection des candidats.

 

A aucun moment ils n’ont été associés sur le choix d’un projet type mettant en concurrence les trois soumissionnaires, ni sur la structure principale au sens propre de l’article CO11, 1er paragraphe  de l’arrêté du 25 juin 1980.

 

Deuxièmement, pour ce qui est de la communication envers la population, vous citez, dans le paragraphe 5 de votre courrier, la conférence de presse tenue le 22 novembre 2010. Il s’agit là d’une initiative que nous nous réjouissons et encourageons. Toutefois, vous noterez que ce travail de communication aurait dû être fait avant le choix de l’architecture. Et, nous rajouterons ici, qu’il n y a pas eu, à aucun moment, de « convocation publique » à la population pour venir assister à cette réunion d’information. Ni dans les medias presses, ni dans les ondes radio et télévisuelles.

 

Aussi, par définition une conférence de presse est une réunion durant laquelle une ou des personnalités s'adressent à des journalistes et non à la population !  A cela nous considérons que le lieu même de la conférence de presse ne semble pas ouvert à la population.

 

Troisièmement, dans le paragraphe 6 de votre courrier, vous vantez les avantages et la compatibilité du bois dans une telle infrastructure. Nous ne pouvons pas nous y opposer ! Toutefois,  nous rappelons ici qu’il s’agit ici d’Etablissement Recevant du Public (ERP) du premier groupe.

 

Donc, nous tenons à vous souligner que l’affirmation selon laquelle le terminal 2E de l’aéroport de Paris Charles de Gaulle serait de même nature bois, n’est pas du tout exacte. Pour avoir encore des contacts et des ingénieurs ayant travaillé sur ce terminal en particulier, nous vous confirmons que ce terminal est bien en maillage béton précontraint et non en bois. Le bois n’est utilisé ici que pour l’aménagement et les décors en conformité avec les articles AM (AM comme AMénagement) de l’arrêté du 25 juin 1980 relatif aux ERP et de sa partie modifiée complétée par l’arrêté du 24 septembre 2009. Ici nous nous référons au stricto-sensu à la définition des mots « structure » et « aménagement ».

 

Alors, nous invitons  l'ensemble de nos élus locaux et nationaux, les membres du comité de pilotage et vous même Monsieur le Préfet à venir visiter l'aéroport  2E dont vous avez cité en exemple. D'ailleurs, avec Air Austral, l'arrivée et le départ  se font au 2A. Il suffit de traverser le 2C pour arriver au 2E et pouvoir examiner et comprendre sa construction.

 

Plus surprenant encore en paragraphe 7 ! Notre requête portait sur la structure du bâtiment et nous ne comprenons pas comment vous pouvez prévoir « un niveau de service et de confort répondant au standard IATA B », alors que cela (IATA B) ne concerne que les services de manutentions au sol et équipements associés. Jusqu’à preuve du contraire ces services ne dépendent que de l’organisation humaine mise en place. Il nous semble que vous ne pouvez pas affirmer que « les prestations seront similaires voire supérieures… » sans connaitre sur quelles bases ces prestations seront mesurées (Niveau fiabilité ? niveau de sécurité ? niveau de confort ? niveau de disponibilité voire qualité de service !).

 

Nous considérons encore ici qu’il s’agit d’une affirmation gratuite qui ne peut être démontrée que par l’évaluation sur le terrain.

 

Enfin, pour le paragraphe 9, vous justifiez le coût par, nous citons : « … le coût de la construction élevé à Mayotte ». Chose surprenante lorsqu’on sait que le coût de la main d’œuvre à Mayotte est moins cher qu’en Métropole. Si vous faites référence aux prix de la matière première, s’agissant d’une structure bois, nous considérons que ce dernier viendra intégralement de l’extérieur. Et, par conséquent les taxes douanières et tous les frais associés devraient être pris en charge par le maitre d’ouvrage.

 

Quant à  la comparaison des prix avec les aérogares de Vatry et Pau, il y a un facteur 6 avec l’aérogare de Mayotte. Sans rentrer dans le mode de calcul, ce prix ne peut être justifié que par le fait  que le bois, sous les tropiques, doit être traité différemment que dans les zones tempérées (traitement contre l’humidité, les intempéries, les rayons UV, l’usure mécanique et la saleté sans oublier les agents biocides actifs….).

 

Monsieur le préfet, il nous a semblé indispensable de vous apporter ces clarifications. Et comme vous le dites, nous reconnaissons qu’il y a une grande méconnaissance du projet, certes. Mais c’est certainement par ce qu’il y a eu manque de communication notoire dès le début de cette affaire. Ce qui justifierait donc ce moratoire et lèverait toutes nos inquiétudes.

 

Nous tenons à vous préciser ici que notre objet principal n’est pas de faire une polémique qui n’en est pas. Mais tout simplement de vous signifier que le projet nous intéresse et que nous souhaitons collaborer avec les services de l’Etat en charge de ce projet.

 

Par ailleurs, nous comprenons que vous ne souhaitiez pas retarder ce projet pour les motifs que vous avez évoqués. Cependant, nous tenons à vous informer que nos associations seront vigilantes sur l’infrastructure qui sera livrée en matière de sécurité ERP, de fiabilité, de disponibilité et de confort (PMR), voire même en matière de qualité de service.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de notre haute considération.

 

Mme MOUSSA MALIKI et M. MADI MDAHOMA