MAYOTTE-OBSERVER
Informations et analyses


Mayotte n'a jamais été Comorienne ! suite...page 1

 

Ce qui aurait permis de considérer les résultats des élections sur l’indépendance des Comores d’une façon globale. Au lendemain des élections, voyant les résultats de l’île de Mayotte rejetant l’indépendance, les autorités comoriennes des trois autres îles à l’assemblée territoriale des Comores commencèrent à crier au loup et la tromperie. On entendait dire : « la France nous a trompé et ces incultes de Mahorais veulent rester coloniser ! ». La réponse fut immédiate : « nous voulons être français pour être libre, et nous ne voulons pas d’une indépendance de merde à la CON ! ».

 

Ainsi, la nouvelle parade qu’ils ont trouvé, c’est de remettre en cause la formulation des conditions de l’indépendance, en particulier sur le point : « …des peuples des Comores ». Dans le concert des nations, il vaut mieux être vigilant et prévoyant et chaque mot a son sens. Les autorités comoriennes de cette époque se sont bien trompées. Et comme d’habitude, ils refusent de reconnaître leurs erreurs ! 

 

Les élus Mahorais et les partisans Métropolitains de Mayotte pour la France triomphaient de cette astuce que les comoriens n'ont pas su voir. Certains indépendantistes de Mayotte et de la Grande-Comores de cette époque ont bien confirmé cette formulation, à condition qu‘on ne cite pas leurs noms de peur de représailles.  « Nous savions très bien ce qui était écrit, et nous comprenions ce que cela voulait dire, mais nous étions convaincu de notre victoire sur tous les territoires ».

 

Voici encore une contradiction comorienne, on accepte les règles du jeu à condition qu’elles nous soient favorables, sinon on les conteste jusqu’à ce qu’on ait gain de cause. C’est dans ce contexte que la France organise deux consultations à Mayotte, la première pour demander aux habitants s'ils veulent rester Français, la seconde pour déterminer leur statut dans la République. La consultation du 8 février 1976 aboutit par un vote quasi-unanime (99,4% des suffrages exprimés) au maintien de Mayotte dans la République. Une deuxième occasion pour Mayotte de confirmer son destin au sein de la république Française.

 

Depuis lors les Comores (3 îles) ne cessent de revendiquer à la France le retour unilatéral et sans condition de l’île dans leur souveraineté. Dans leur revendication ils réclament l’application du droit international, mais à aucun cas ils n’estiment que les habitants de Mayotte aient aussi des droits et qu’il faille les laisser eux aussi choisir leur destin. Ils agissent avec mépris envers les Mahorais et se comportent comme des nouveaux conquérants. La moindre des choses, pour des peuples civilisés, lorsqu’on réclame des droits c’est de respecter en premier les droits des autres ! Il n’appartient pas à la France ni aux Comores de décider pour Mayotte. Sur cette base d’auto détermination la France est d’accord, mais les Comores refusent catégoriquement.

 

Mayotte devra choisir entre le retour dans le Giron de l’Union des Comores, maintien au sein de la république Française, ou tout simplement une Ile Indépendante. Ce ne sont pas les évènements récents (27 avril 2008) qui pourraient faire changer d’avis les Mahorais. Dans le passé ils ont connu le mépris, l’exclusion, les brimades, la haine et les agressions physiques de la part des autres îles (sans Mohéli). Réduits à l’esclavage, dépourvus d’éducation, délaissés pour devenir des agriculteurs, cette période (62-75) est très marquée dans l’esprit des Mahorais, et rien au monde ne pourra leur faire changer d’avis.

 

La crainte d'une hégémonie des 3 autres îles plus importantes a constitué le moteur des attitudes politiques de Mayotte.

 

Il y a qu’à voir l’emblème des Mahorais : « Rahachiri ». Non, ce n’est pas du japonais, mais bien un mot Mahorais qui signifie « nous sommes vigilants ». Pour dire à quiconque voudrait décider pour eux qu’ils ne se laisseraient pas faire et qu’ils se battraient par tous les moyens nécessaires.

 

Certes, ces îles sont bien situées dans le canal de Mozambique et font partie du « Jiz al kamare », ici le seul point commun entre elles. L’argument qui consiste à dire que parce que les îles des Comores ont la même langue, la même religion, les mêmes traditions et coutumes, des membres de famille de part et d’autres des îles qu’il faut rester uni, ne tient pas ! Sinon avec cet argument on pourrait céder la Flandre aux Pays-Bas, la wallonnie à la France, le Sri Lanka à l’Inde etc…, seule la langue parlée à Anjouan est proche de celle qui est parlée à Mayotte avec des variantes et un gros accent. Pour la religion, c’est bien l’islam qui est partagé par des centaines de pays au monde et pourtant on ne réunit pas tous les musulmans du monde dans l’Islamland. Pour les traditions et coutumes, voyez par vous même le « Mchogoro » à Mayotte,  le « Kandza » au Grande-Comores, le « Tari » à Anjouan et le « Diridji » à Mohéli.