MAYOTTE-OBSERVER
Informations et analyses



Partager

ELEMENTS D'HISTOIRE DE MAYOTTE

 

revendication des Mahorais 

la seule et unique revendication des Mahorais

 

 

L'île de Mayotte est située dans l'hémisphère sud, entre l'équateur et le Tropique du capricorne, à l'entrée du canal de Mozambique, à 300 Km de Madagascar et 400 Km de l'Afrique. C'est un petit archipel de 374 Km².

 

L’histoire de Mayotte française débute en 1841 avec le sultan Andriantsouli qui, régnant alors sur Mayotte, cherche l’appui d’une puissance, lassé des querelles entre les sultans des Comores. De son côté, la France, ayant perdu l’île de France (Maurice) sous Napoléon au profit de l’Angleterre, en quête d’un abri maritime sûr, procède, par l’intermédiaire du capitaine Passot, à l’achat de Mayotte. Sous le Second Empire, Mayotte se transforme en société de plantations et connaît une grande vague d’immigration.

 

L'ensemble de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan) tomba sous le protectorat français en 1886, sauf Mayotte qui reste une colonie (donc territoire relevant de la pleine souveraineté française). Le protectorat dura jusqu'en 1892 et laissa place un peu plus tard à la colonie de « Mayotte et Dépendances » rattaché par la loi du 25 juillet 1912 à l'île de Madagascar. Ce statut perdura jusqu'à 1946 puis laissera place à celui de TOM.

 

Entre 1956-1957, des décrets lui donnent plus d’autonomie en vue d’accéder progressivement à l’indépendance. A la fin de l’année 1974, la consultation des populations des Comores donne lieu à un décompte île par île : Mayotte refuse l’indépendance à 63,8 %. Ce refus était motivé par l'injustice, par les nombreuses inégalités dont étaient victimes les mahorais sous l'emprise comorienne.

 

C'est donc au nom de la liberté que les mahorais ont fait le choix d'être dans la France, et de pouvoir ériger leur île en Département d'Outre-mer.

 

Dans un message du feu Younoussa BAMANA (In Zaidou Bamana – Le choix du refus), un rappel historique nous est restitué à fin de ne pas oublier les moments clés et les révoltes menées par nos anciens pour le développement de Mayotte. Ainsi entre 1966 et 1976, l'arbitraire qui frappait Mayotte était sans limite et à titre d'exemple, on peut citer ZAKIA MADI morte en 1969 pour s'être insurgée contre la lâcheté.

 

Au début de l’année 1976, la population de Mayotte, consultée à nouveau, veut rester française à une écrasante majorité. Peu après, le référendum statutaire lui apporte le statut de Collectivité Territoriale à caractère départemental. Bien que les mahorais se soient exprimés à maintes reprises par voie référendaire et ont manifesté leur rattachement à la France, les Comores n'ont cessé de revendiquer Mayotte pour intégrer le giron politique comorien (République Fédéral Islamiques des Comores, puis l’Union des Comores).

 

Pendant ce temps Mayotte continue son processus d'intégration au sein de la République et c'est ainsi que le 27 janvier 2000, les principaux partis politiques de l’île ont signé un « accord sur l’avenir de Mayotte », paru au Journal Officiel du 8 février 2000. Les Mahorais ont été consultés sur cet accord et l’ont adopté à 73 %. Le premier semestre 2001 aura été marqué par les visites du Premier Ministre Lionel Jospin, et celle de Jacques Chirac, premier Président de la République Française à se rendre à Mayotte.

 

La loi du 11 juillet 2001 adoptée par le Parlement érige Mayotte en Collectivité départementale. C'est une Collectivité d’outremer au sens de l'article 74 de la Constitution. La loi constitutionnelle du 28 mars 2003 inscrit, quant à elle, Mayotte dans la Constitution de la République Française. Et la loi organique et la loi ordinaire du 21 février 2007 ont fait franchir à la Collectivité Départementale de nouvelles étapes vers la Départementalisation.

 

De ce fait, la marche vers l'identité législative sert le projet d'accession au statut de RUP. En effet, Mayotte qui, au niveau européen, fait partie des Pays et Territoires d'Outre-mer (PTOM) et donc éligible au FED, a vocation à devenir une Région Ultra Périphérique (RUP), statut qui lui permettra de bénéficier des fonds structurels européen.

 

Lors de la campagne présidentielle de 2007, le candidat Nicolas SARKOSY a fait la promesse de consulter les mahorais sur leur avenir institutionnel, à savoir ériger l'île en Département d'Outre-mer. Comme on dit « chose promise, chose due », et le 29 mars prochain la consultation aura bien lieu. Pour les mahorais, il s'agit là de l'aboutissement d'un long combat, pour la liberté et pour un avenir meilleur au sein de la République.

 

Aujourd'hui, l’Union des Comores est un pays indépendant et les comoriens veulent imposer aux mahorais leur choix. Or, imposer c'est priver de liberté.  Alors, au nom de la liberté, les mahorais demandent donc qu'on respecte leur choix d'être dans la France, comme beaucoup ont respecté le choix des comoriens d'avoir pris leur indépendance.

 

«  Nous voulons être français pour être libres », comme l'a dit feu Younoussa BAMANA. C'est l'idée exprimée depuis toujours par les mahorais.