
Histoire de Mayotte En 1500, un sultanat est établi sur l'île de Mayotte. Plus tard, en 1503, l'île est découverte par des navigateurs portugais qui la noteront sur les cartes. On pense que les premiers habitants de Mayotte s'installèrent sur l'îlot de Dzaoudzi appelé "Pamandzi Keli" en Petite Terre à partir du IXe siècle. Il faut attendre le règne de Salim (Saleh ibn Mohamed ibn Bechir el Monzari, régnant vers 1790-1807) pour que le rocher de Dzaoudzi abrite la capitale du sultanat après l'abandon de Tsingoni. J.S Leigh, en donne une description précise en 1838: « Nous nous sommes approchés du village où réside Dansoul (Andriantsoly), roi de Mayotte ; ce village est construit sur une petite île allongée qui n'a pas plus d'un mille de circonférence. Chaque côté tombe à l'abrupt dans la mer excepté l'un d'entre eux défendu par une haute muraille et de petites tours carrées qui se prolongent et entourent l’île. Sa hauteur varie selon la difficulté ou la facilité d'accès. Trois portes sont verrouillées chaque nuit au crépuscule et les clefs sont remises au gouverneur sans la permission duquel personne ne peut sortir ou rentrer. Nous avons été accueillis, à l'extérieur de la fortification, par un certain nombre d'habitants, un mélange de Sacalava, d’Antalouches (Malgaches musulmans), d’Anjouanais, etc. (...). Un énorme canon est placé sur le point culminant de l'île mais ne repose pas sur un affût. Il ne peut être déplacé. (...) La mosquée était la seule construction en pierre de la ville à côté des dix résidences du roi que j'ai vues. Elle était plutôt grande car elle faisait 40 pieds carrés. Les piliers étaient en bois et le toit fait de feuilles de cocotiers (...).»
Ilot de Dzaoudzi nommé Pamandzi Kéli au IXe siècle En 1832, l'île est conquise par Andriantsoly, ancien roi Sakalava de Boeny à Madagascar. Suite à la prise de Nosy Be (Madagascar) en 1840, les Français prennent connaissance de la présence d'un roi Sakalava à Mayotte. Mayotte devient colonie française le 25 avril 1841, alors que la rivalité franco-britannique pour le contrôle des autres îles allait tourner à l'avantage de la France. En 1886, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan deviennent protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte 1886. Mayotte, quant à elle, garde un statut de colonie. À partir de 1908, l'ensemble des Comores est intégré sous l'autorité du gouvernement général de Madagascar et dépendances. En 1946, les Comores sont séparées de Madagascar et deviennent territoire d'outre-mer. Suite au refus en 1958 tant de l'indépendance que de la départementalisation, les Comores obtiennent le 22 décembre 1961 (loi no 1412) un statut d'autonomie interne (qui sera élargie en 1968 par la loi no 6804); le député Said Mohamed Cheikh devient président du conseil de gouvernement, jusqu'à sa mort le 16 mars 1970. La capitale Dzaoudzi (Mayotte) est transférée à Moroni en 1966, huit ans après la décision du transfert.
Rade de Dzaoudzi : bateaux de colons Le 25 août 1972, le Comité spécial de décolonisation de l'ONU inscrit l'archipel des Comores. Le 15 juin 1973 La France et les Comores signent des accords relatifs à l'accession à l'indépendance. En 1974, la France organise aux Comores un référendum sur l'indépendance. Mayotte sera la seule île de l'archipel à voter pour le maintien de ses liens avec la France. Elle confirmera ce choix lors d'un second référendum en 1976.
Depuis 1975, en dépit du choix des Mahorais (en 1974, lors du choix de l'indépendance par les Comores, la population se prononce pour le maintien de l'île dans le cadre français, choix confirmé par un second référendum en 1976), l'île est revendiquée par l'union des Comores. L'union africaine considère ce territoire comme occupé par une puissance étrangère.
De même, l'assemblée générale des Nations unies a demandé de nombreuses fois « condamné **» la présence française à Mayotte, après que l'ONU, par son Conseil de sécurité n'eut pas adopté de résolution condamnant la France. L'ONU s'était appuyée sur la déclaration du 14 décembre 1960, "sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples colonisés", point numéro 6 sur la préservation de l'intégrité territoriale, malgré le point numéro 2 sur le droit à l'autodétermination. Depuis 1995, cependant, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée générale de l'ONU.
L'union européenne, quant à elle, reconnaît ce territoire comme français, avec le statut de PTOM (pays et territoires d'outre-mer) mais pas comme Région ultra périphérique. Ce qui explique que Mayotte, contrairement aux DOM, ne figure pas sur les billets en Euro. |