
DISCOURS A LA RÉUNION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
VOEUX POUR L’OUTRE-MER
19 JANVIER 2010
Mes chers compatriotes,
Après une année 2009, l’année 2010 doit être une année de refondation. Une année durant laquelle nous allons travailler à retrouver le chemin de la croissance et de la baisse du chômage.
Cette année 2010 doit marquer le début d’un changement de regard des uns envers les autres. Trop de préjugés subsistent. Le regard de la métropole sur l’outre-mer doit évoluer comme celui de l’outre-mer sur la métropole. Et je souhaite que « l’année de l’outre-mer », qui se déroulera sur tout le territoire national en 2011, contribue à faire évoluer les mentalités. Je viens d’ailleurs de désigner, en la personne de Daniel MAXIMIN, le commissaire qui sera en charge de l’organisation de cet évènement. Je veux faire comprendre à tous les Français l’importance de l’outre-mer. Ce qui se joue ici. Je le dis, cette importance de l’outre-mer est beaucoup plus fondamentale qu’on ne l’imagine parfois.
Mes chers compatriotes, le temps de la confiance est venu. C’est aussi cela le message que nous ont adressé les Martiniquais et les Guyanais le 10 janvier dernier. Ce n’est pas le message de la division, ce n’est pas le message de la peur. Et je veux dire que je serai intransigeant sur les questions de violence, d’ordre public, de lutte contre la délinquance. Rien ne me fera accepter cette forme de désordre, ni en métropole, ni en outre-mer.
En ce début d’année 2010, que je vous souhaite heureuse, je sais que beaucoup d’entre vous ressentent une forte impatience. Vous souhaitez que les choses changent et qu’elles changent vite. Croyez bien que je partage cette volonté. Cela fait plus de deux ans et demi que je suis Président de la République. L’enthousiasme, la volonté, l’énergie qui sont les miens n’ont en rien été entamés par ces deux années. Je voudrais d’ailleurs vous dire combien je suis reconnaissant aux français de leur sang froid dans la crise et de leur capacité à comprendre les enjeux. On ne peut pas continuer comme si le monde ne bougeait pas.
J’espère que 2010 sera l’année de la lucidité pour chacun d’entre vous, de la méfiance face aux solutions miracles, aux formules toutes faites. Je crois à l’unité. Je crois à l’effort collectif au service d’un projet clair. Je crois aux atouts de l’outre-mer. Je crois en l’excellence de l’outre-mer. Je refuse le misérabilisme sur l’outre-mer. Et je veux faire prendre conscience aux Français ultramarins qu’ils ont plus d’atouts qu’ils ne l’imaginent eux-mêmes. Et si le premier sujet, c’était que vous-même ayez d’abord confiance dans la qualité et les atouts des territoires que vous aimez, sur lesquels vous êtes nés et dans l’avenir duquel vous devez croire avec davantage de force ?
Ici à la Réunion vous en faites tous les jours la démonstration. L’outre-mer peut et doit être un terrain privilégié d’innovation. Je ne laisserai personne distendre les liens qui unissent l’outre-mer et la République. Je ne laisserai personne remettre en cause l’état de droit et les principes de notre République que tant de femmes et d’hommes d’outre-mer ont défendu courageusement tout au long de notre histoire. Je m’opposerai à tous ceux qui prôneront le désordre et la violence. Car le désordre et la violence c’est d’abord nos compatriotes ultramarins qui en subissent les conséquences. Je veux vous assurer que mon devoir de chef d’Etat, c’est de protéger les Français et qu’à mes yeux vous êtes les Français les plus exposés aux réalités de ce monde.
Le grand théoricien de la Nation, Ernest RENAN, a écrit que « ce qui constitue une Nation, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ». C’est parce qu’elle est riche de ses différences, que notre Nation est une grande Nation. Nous avons beaucoup à faire ensemble mes chers compatriotes d’outre-mer.
Vive la République, Vive la France, Vive l’outre-mer dans la République française. |