MAYOTTE-OBSERVER
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Publié le 03/03/2010

 

Union des Comores, Mohéli victime d’une « Tournante » !

 

Mohéli plage 

 

Ce fut avec difficultés que l’union des Comores est née. Née de la suite des mouvements sécessionnistes de part et d’autres des îles, l’union fut crée avec un principe fondamentale, le partage du pouvoir.

 

Ce partage sera matérialisé par les accords de Fomboni (Mohéli) du 17 février 2001. Puis, les Comoriens ont, par référendum, approuvé la Constitution du 23 décembre 2001, mettant fin à la République Fédérale Islamique des Comores. Un nouveau système politique et institutionnel est mis en place : l’Union des Comores.

 

Cette nouvelle constitution est caractérisée par la présidence tournante. Ceci signifie que chaque île assure la présidence pendant 4 ans, puis laisse la place à une autre île, selon un ordre bien défini. On commence par l’île de la grande-Comores (M. Azali), puis le tour d’Anjouan (Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI) et puis est prévu le tour de Mohéli en 2010.

 

Et pourtant c’est là que les choses coincent ! L’actuel président de l’union, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (Anjouan), a mis en place toute une structure et des stratagèmes politiques pour modifier une nième fois la constitution en sa faveur. Motif, « il a encore des choses à faire…. ». Cette modification en soi n’a rien de dramatique. Sauf que, celle-ci vient prolonger le mandat de l’actuel président. Privant ainsi l’île de Mohéli de la présidence. On entend, dire par-ci que « les Mohéliens ne sont pas assez matures pour diriger l’union ». Ou une autre version, par-là que « les Mohéliens ne sont pas cultivés ! ». Le lynchage et les dénigrements continuent à l’égard de la population de cette île.

 

Pour des îles connues pour leur « pacifisme » et leur solidarité, voila de quoi surprendre le touriste qui pense que tout est simple aux Comores.

 

Les Mohéliens sont les moins nombreux dans l’archipel des Comores. L’île est complètement délaissée, sans aucune structure digne de ce nom. C’est le moment pour eux de faire venir les investissements chez eux. Pour avoir au moins une route qui relie l’aéroport  au centre ville, une école avec des places assises, ou tout simplement l’électricité.

 

Si les mohéliens tentent de contester, avec certitude ils seront réprimés et accusés de sécessionnistes. Victimes de cette tournante, les grand-Comoriens et les anjouanais viennent faire leurs besognes. Telle une « tournant de cave », une bande de voyous vient abuser de la faiblesse en nombre, des mohéliens. Avec certitude si cet abus se confirme, l’état de l’union sera sans doute remis en cause et c’est la porte ouverte à du n’importe quoi.

 

Les parlementaires comoriens viennent justement de décider que l'élection du président de l'Union des Comores, ainsi que celle des gouverneurs des îles, auront lieu le 27 novembre 2011.  Des élus de l'opposition de Mohéli et d'autres élus de la Grande Comore n'ont pas participé à la séance. Tous accusent les autorités en place de vouloir prolonger le mandat du président Ahmed Abdallah Sambi (originaire d'Anjouan) au-delà du 26 mai 2010.

 

Comme quoi, on ne mérite que les élus qu’on a choisis ! Ce n’est pas en 2010 que les Moheliens prendront les  responsabilités du pays. On se rappelle se que disait ce leader politique mohélien, M. Mohamed Ali Said «Mwali attendait son tour de diriger l'Etat comorien après avoir patienté pendant 32 ans d'indépendance ». Eh bien quelques années de plus, si ce n’est jamais ne feront pas de mal.