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Une rentrée galère pour les étudiants mahorais primo- arrivants en Métropole !

 

Publié le 19 Août 2011 à 1h37

 

 

Dans tout çà, il va falloir se faire une place !

 

C’est bien après le 15 Aout qu’on s’affaire à préparer la rentrée en Métropole. A peine que dans les rayons des chaussures, autres bikinis et lunettes de soleil soient sortis, on les enlève déjà pour mettre les nombreuses fournitures scolaires qui seront vidées en moins d’une semaine. A Mayotte aussi les magasins et les familles ont adopté le rythme de la Métropole. Quoi de si normale pour ce 101ème département Français !

 

C’est alors que l’on voit des milliers de jeunes bacheliers devant le bureau de LADOM et du service d’orientation de la direction de l’Enseignement. Documents requis à la main, ils sont prêts à partir pour cette grande aventure métropolitaine ! Ils entrent à LADOM et en sortent juste avec le strict minimum, leur bon de départ (billet d’avion). Aucune consigne, aucun conseil, aucune notice d’organisation ni guide de primo-partant ne leur est fourni. En somme, ils viennent d’obtenir leur « bon de la débrouille et de la maturité » !

 

Dans ce périple ils devront d’abord passer le transit à la Réunion. Gare à ceux qui se seront trompés de couloir, ils pourront se trouver en Australie ou au mieux juste retarder l’avion. Le mot d’ordre est donc : lecture de Panneau ! lecture de Panneau !.. Tiens on se rappelle aussi de ces étourdis grands voyageurs qui n’ont jamais pris l’avion ! Dès qu’il s arrivent à la Réunion, plutôt que d’attendre tranquillement passer les 2 heures de transit, ils foncent à l’extérieurs avec bagage à la main.

 

Le plus souvent ils connaissent des proches à la Réunion qui viennent les chercher à l’aéroport. Ceux-là sont systématiquement en retard et le plus souvent ils ratent leur vol. C’est du genre « Monsieur je sais tout » et pas besoin de demander quoi que ce soit à personne. Il faut savoir que deux heures ce n’est pas grande chose ! Partir, même au centre ville de Saint-Denis puis revenir à Roland-Garros, peut durer aussi longtemps qu’un bouchon de 3km sur le périphérique Parisien.

 

Et, lorsqu’ils arrivent à temps, il faut refaire la queue pour prendre une carte d’accès à bord, ce fameux sésame d’embarquement. Sans cela, pas d’avion ! Alors il serait prudent de rester paisiblement en transit et lire les panneaux.

 

Maintenant que vous êtes embarqué pour Paris, tout semble aller pour le mieux, le luxe, le plaisir de voyager envahi vite votre esprit que vous oublier les galères  à la Réunion et celles à venir en Métropole. Tiens, au passage, il faut noter que dans les vols en partance ou à destination de Mayotte et La Réunion, les repas sont sans PORC. S’ils ne sont pas garantis Hallal pour les puristes, il y a déjà le « sans porc » !

 

Arrivée à Paris. Deux cas se présentent : un vol qui arrive autour de 5h00 du matin à Roissy-Charles de Gaulle et un autre à Orly vers 23h00 ! Donc un vol très tard le soir et un autre très tôt le matin. Des plages d’arrivée ou les délits et crimes sont à leur plus haut niveau en France métropolitaine.

 

Il va falloir aller récupérer les valises et sacs divers sans oublier les glissières remplies de bouffe de tout genres comme si en France il n y avait rien à manger ?!... pourtant quand on voyage léger on a plus de chance de s’en sortir ! Alors voyagez léger,  il vous sera très facile transporter vos affaires dans les transports en commun ou à remplir le véhicule de l’oncle qui est venu vous chercher.

 

Une fois sortie de la récupération des bagages, certains seront bénis, d’autres maudits ! Les bénis verront un proche, un amis venir les chercher de l’aéroport à la maison pour prendre un petit déjeuner avant de repartir pour la province (si nécessaire). Les maudits resteront dans le Hall à faire le pied de grue et à se demander : « mais ou sont les taxis ? », « où dois-je aller ? », « mais que dois-je faire ? ».

 

C’est alors que l’on voit certains, ceux qui parviennent à la sortie de l’aérogare, faire des exploits. « Taxi, je vais au 34 rue de la basile de coq à Clermont-Ferrand » et le taximen de rétorquer : « voulez-vous vraiment aller à cette adresse ? »« Oui Monsieur » réponse rapide et bien assumée. Finalité, 1450 € de frais de transport, et le pire c’est : soit c’est la totalité de l’argent que l’étudiant a dans sa poche ou soit il ne les a même pas ! Lorsqu’il les a, c’est un moindre mal, il n’aura plus un sous pour manger de la journée ni payer ses premières fournitures. A moins que ça soit « un fils de » (fils d’un haut placé à Mayotte). Ce qui n’est pas le cas pour les 70 % des primo-arrivants.

 

Et quand il n’a pas la somme demandée, il a vite le reflexe d’appeler les membres associatifs de Paris pour demander secours. Des associations qui ne sont ni payées ni ne possèdent un budget pour cela ! Plutôt que d’appeler la DASU une structure mise en place par le conseil général pour justement s’occuper des problèmes des étudiants en général et en particulier les primo-arrivants, ils s’orientent vers les associations. Les associations ne sont pas là pour payer les erreurs des plus téméraires.

 

Et l’aventure continue, ces problèmes de finance résolus, il faut maintenant trouver votre logement au CROUS. Mais pas de chance, vous êtes arrivé en fin Août lorsque les CROUS sont encore fermés ! Et vlammmmm  que faire ? Panique dans la demeure ! On appel illico la famille à Mayotte qui devra trouver un mahorais, peu importe qui, dans la région pour vous accueillir ! Encore une fois dans ce cas le reflexe des familles et des étudiants s’oriente vers les associations ? Mais à quoi sert la DASU ? Est-elle méconnue ou désavouée ? Il faudrait sans doute que les responsables mahorais définissent la mission réelle de cette structure et peut être même revoir tout ça depuis le début.

 

Et pourtant, des solutions existent. Il aurait-été facile de faire un petit fascicule qui explique ces quelques précautions à prendre lorsqu’on voyage pour la première fois en métropole. Les responsables de l’éducation à Mayotte au conseil général pourraient mettre cela dans la fiche de poste de la DASU, l’accueil des étudiants depuis les aéroports (cela a déjà existé).