MAYOTTE-OBSERVER
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Publié le 27/01/2010

 

Politique : Visite de Nicolas Sarkozy à Mayotte : « comme un cheveu dans la soupe » !

 

 visite de nicolas sarkozy

 

La visite du président de la république à Mayotte a laissé un certain goût amer à une certaine frange de la population.

 

Ils s’étaient tous préparés à accueillir le président de la République Nicolas Sarkozy pour cette visite tant attendue à Mayotte le 18 janvier 2010. Vu la foule venue des quatre coins de l’île, on aurait cru qu’il ne restait personne dans les villages. On se bat pour être à la première loge. Les V.I.P passent sans être fouillés ni inquiétés par la présence massive des forces de l’ordre, CRS et gendarmes, avec un appuie discret de la police.

 

Tout est en place, voici que le président du conseil général de Mayotte, Ahamed Attoumani DOUCHINA, commence son discours de bienvenue. Au fond, au milieu et devant on se s’impatiente et on entend « Sarko, sarko… », chantant tous en coeur.

 

Personne n’écoute le discours du président Douchina. On prie même pour qu’il ne reste pas trop longtemps sur la scène. Et « comme un cheveu dans la soupe », on se demande pourquoi c’est lui qui parle ? Combien de temps va-t-il parler ? Espérons qu’il n’ y aura pas d’autres comme lui à parler. L’heure n’est plus au discours des élus locaux, on en a vu et déjà entendu !

 

Enfin, le moment tant attendu. Voilà que le président de la république, Nicolas Sarkozy, monte sur scène et vient devant le micro ! Et, « kwézi wa mahoré », il lança. Et, là c’est l’explosion de joie, de partout dans la foule. Personne ne s’attendait à ce que le président de la république prononce un mot en Mahorais. Et si cette probabilité était dans les têtes de certaines personnes, le mot qui revenait le plus souvent était le mot « gégé ». Apparemment plus facile à prononcer. Mais comme on le sait, le président Nicolas Sarkozy n’est pas celui qui fuit les difficultés.

 

Le mot « kwézi » est choisi avec discernement et tact, un respect que le président voulait souligner. En effet, n’est-ce pas ce mot que les jeunes utilisent pour témoigner du respect aux autres à Mayotte ? Il est de coutume que les jeunes l’utilisent pour marquer le respect envers les grands, les anciens.

 

Ainsi le président n’a pas seulement cherché à honorer une promesse en visitant Mayotte, mais surtout à dire combien il appréciait leur fidélité à la France, et bien avant certaines villes et régions de France. Il a donc, par ce mot « kwézi », pu pénétré le cœur des mahorais, le cœur de la population.

 

Dans son élan il n’a pas manqué d’honorer la mémoire des grandes personnalités mahoraises, je dirais, les personnalités historiques à Mayotte. M. Younoussa Bamana, Zaina Mairesse, Zaina Mdéré, Marcel Henry, George Nahouda …etc. Jusqu’ici la liste semble être cohérente ! Mais « comme un cheveu dans la soupe », le nom de Mansour Kamardine est cité. Stupeur dans la foule, surprise et applaudissement général. Confusion totale. Et soudain on saisit réellement que c’est bien ce qu’on a entendu, le nom de Mansour Kamardine.

 

On se demande qu’est-ce que M. Kamardine a avoir avec les grandes personnalités historiques de Mayotte. Il n’était qu’un jeune garçon quand les anciens se sont battus ! Il mérite certainement quelque chose dans cette affaire de la départementalisation. Mais on ne peut pas le mettre sur la même échelle, que zaina Mdére, Marcel Henry et les autres….tiens donc aurait-on oublié Zoubert Adinani ? Aurait-on oublié Mlle Zakia Madi lâchement abattue par les forces de l’ordre comoriennes ? Quelle imposture ? Calife à la place du calife ! On ne connaissait pas ce talent de Mansour Kamardine. Certes, il a fait beaucoup de chose lors de son mandat, mais pas à tel point  de figurer aux cotés de ses personnages connus, respectés et reconnus par tous.

 

Le concerné était-il au courant ? Après avoir été décoré de la légion d’honneur, il aurait peut-être puis rester humble et garder un peu d’humilité. Pour l’heure même si son nom est sorti comme le chiffre 13 dans une loterie, il n’est pas encore entré dans la mémoire de la population mahoraise. Au même titre que Henry Jean-Baptiste, Abdoulatifou Aly, Jean-François Hory, son statut n’a pas changé. La promotion d’un individu, l’encensement de l’ange déchu, ne pourra pas payer une nouvelle image à ce dernier. Ce qui est sûr, on le verra entraîne de se la jouer « au bon petit copain du président » dans nos quartiers et villages.

 

 

Tiens donc, et ça continue. On peut dire qu’il y a eu beaucoup de cheveux dans cette soupe populaire! Après ce long cheveu, ce chiffre 13 de la loterie, le président de la république s’est attaqué à un autre problème. C’est lui de la vie chère, mais à sa façon !. Oui, le mois de décembre 2009 s’est produit des incidents liés aux manifestations contre la vie chère en Petite-Terre. Ces manifestations s’étaient terminées par 2 blessés graves du coté des CRS et plusieurs arrestations et acquittement du coté des manifestants.

 

Le président de la république est venu avec sa version des faits ! Alors même qu’aucune enquête n’est faite, aucun rapport médical n’est connu, ni aucun jugement n’a établit les faits, la version du président semble plus que polémique. « Comme un cheveu dans la soupe » on se demande premièrement pourquoi cette partie est devenue si importante qu’elle l’est réellement dans un discours sur la départementalisation!

 

On aurait cru qu’il était interdit aux Mahorais de faire des grèves sous prétexte de la départementalisation. On comprend que le président ait envie d’affirmer l’autorité de l’état et de soutenir les forces de l’ordre qui au passage on bien rempli leur mission.

 

Une histoire de toutes pièces montés, un réquisitoire en règle et qui ne correspond à rien, selon les manifestants que nous avons rencontrés. Comment a-t-il pu cautionner le récit qui lui était livré ? La faute à qui ? Certainement pas à lui. Ou peut-être un peu. On ne manquerait pas de penser au conseil général et à la préfecture de Mayotte.

 

De source sure, les manifestants de la Petite-Terre n’ont pas dit leur dernier mot. Il peaufine leur version pour faire un droit de réponse en règle. Ce qu’il faut savoir, les pseudo-journalistes de RFO Mayotte, du moins la direction de la rédaction n’a pas jugé utile de mettre à la portée de tous la version des Manifestants (interdit d’antenne). A croire que même dans cette institution tout le monde se serre les fesses sur cette affaire !