
Publié le 28/12/2009
Tourisme. Salon du tourisme de Colmar, un salon de Cauchemar pour Mayotte,
Récif coralien de Mayotte et son Lagon
Nous revenons sur cet épisode pitoyable que l’ensemble des élus de Mayotte nous a servit courant novembre à mi-décembre 2009.
La 25ème édition du Salon International du Tourisme et des Voyages (SITV) a choisi Mayotte comme invité d'honneur. Plus de 500 exposants étaient invités pour présenter une palette de séjours répondant à tous les goûts et tous les budgets.
Il faut dire que l’honneur était fait au 101ème département français, que deviendra Mayotte le mois d’avril 2011.
Au programme était prévu : animations folkloriques riche en couleurs, conférences, scénographie révélant les atouts de l’île autour de la nature, de la culture et du lagon et un restaurant proposant des recettes mahoraises.
Plus d’une quarantaine de prestataires, hôteliers, clubs de plongée, agences de voyages réceptives, devaient animer en permanence un espace de plus de 1 000 m² dans le Hall 4 au Parc d'Exposition de Colmar.
L’invitation était envoyée à Mayotte trois années auparavant. Le Comité du tourisme et le conseil général ont attendu jusqu’en dernière minute pour répondre favorablement à l’invitation et surtout confirmer leur place d’honneur.
Trois années se sont écoulées et aucune préparation, aucune organisation, et aucune visibilité des activités n’était connue. Et pourtant, il semble que ce sont des professionnels et des top- managers au sein du CDTM et du CG976 qui étaient à la barre pour répondre au programme défini par les organisateurs du salon.
A quelque mois de début du salon, c’est la panique à bord ! Le conseil général vient d’annoncer ses difficultés financières et en même temps la réduction des effectifs qui devaient se rendre à Colmar. On passe de 300 personnes, au frais de la collectivité, à 75 personnes. En voila une mesure drastique. Cependant, il aurait fallu organiser les 75 personnes qui devraient participer, lorsqu’on sait que la réduction de ce contingent a été faite de manière hasardeuse et nullement en accord avec le programme.
Ainsi un mois avant le début du salon, le président du conseil général fait appel à la diaspora Mahoraise en Métropole pour les aider à compenser le personnel manquant. Trois émissaires sont envoyés d’urgence en Métropole pour identifier et repérer « les associations Mahoraises les plus sérieuses ». Pour ce fait les émissaires devaient organiser un casting, avec vidéo à l’appui pour permettre aux élus locaux de juger sur pièce.
Ainsi, un des émissaires s’est rendu au parc de loisir de Sarcelles pour auditionner la grande association Mahoraise d’Ile de France, l’ACMI. Camera à la main, le questionnaire de l’autre coté, il exécute sa feuille de route. Tellement conforme à sa feuille de route que les membres de l’association commençaient à trouver le questionnaire déplacé. « Monsieur, connaissez-vous notre association ? » lance un membre de l’ACMI. La réponse fut aussi tranchée « je ne suis pas ici pour vous connaître, mais pour vous filmer et laisser les élus juger ! ».
Les échanges de cette nature ont durés une bonne heure à tel point que les membres de l’ACMI décide de faire un vote si « Oui » ou « Non » ils veulent participer. A l’unanimité ils ont répondu NON !
La grande question que nous sommes en droit de nous poser est la suivante : Pourquoi des émissaires venus depuis Mayotte alors que le comité du tourisme a des agents sur le territoire Métropolitain ? La réponse qui nous a été donnée fut très simpliste « cette affaire ne concerne pas le Comité du tourisme de Mayotte mais bien les affaires culturelles du Conseil général ». Comme si le salon de Colmar s’appelait « salon des affaires culturelles» et que les affaires culturelles du conseil général ne pouvait pas travailler en bonne intelligence avec le comité du tourisme de Mayotte !
Autre question : pourquoi le Curriculum vitae (CV) de l’association ACMI n’a pas été pris en compte par les décideurs depuis Mayotte ? Il semble, d’après les dirigeants de l’association que toutes les représentations que Mayotte est invitée, c’est bien cette association qui y va à ses frais ! On citerait ici le salon de l’agriculture de paris, la journée de l’Outre-mer à la RATP, les invitations au ministère de l’outre-mer….etc.
Au final, les émissaires qui étaient payés 200 euros d’indemnité journalière, ont fait leur choix sur des petites associations de province.
Mais à quoi sert un salon de tourisme ?
Si ce n’est pas pour vendre une destination, un rêve, des aventures, une culture, un savoir-faire et des spécificités pour donner envie de visiter le lieu, alors le contingent Mahorais a tout compris ! Oui, puisque ce contingent n’a rien fait de tout cela. Quelques danses de chigoma par-ci, quelques pots artisanaux par-là, quelques chapeaux de pailles, quelques brochures, de la musique à fonds, et quelques malheurs artisans sans rien étaient présents.
Et surtout les élus ! Le seul succès du salon c’était la présence des élus de Mayotte qui sont arrivés en «guest stars ». Soudain toute la foule se tourne, pas par intérêt mais pas curiosité. Mayotte est donc devenue une curiosité et non une attraction. La plus part des medias locaux en ont parlé comme un succès vite emballé. Et pourtant ce n’était pas un ! On apprend ainsi que à Mayotte il y a moins de 300 chambres et pas de classement étoilé. Les agences de voyages n’ont pas de circuit qui se vende. Le personnel d’accueil dans les agences de tourisme n’est pas assez formé. Pas beaucoup d’interprète, en Anglais, Allemand, etc…
Les brochures touristiques se distribuaient au hasard aux passants ! Quel est le bilan aujourd’hui ? Sait-on nous dire combien de personnes souhaitent venir à Mayotte durant l’année 2010 ? Quel partenariat ou quel contact sérieux les représentant ont noués ? En combien de temps pourrions nous offrir plus de 2000 chambres ?
A Mayotte, nous avons l’art et la manière de mettre la charrue avant les bœufs…. Et surtout gaspiller l’argent du contribuable comme si nous n’étions pas concernés !