
Réponse de l’ONG Sea Shepherd au Comité Mayotte département (Comadep) suite à leur tribune libre dans le Mayotte Hebdo du 16 décembre 2011.
Publié le 10 janvier 2012 à 20h30
Le texte est reporté tel qu’il nous a été communiqué. Il n'est procédé à aucune modification autre que cosmétique, changement de format de représentation, ou la mise en page.
Dans une tribune signée par Monsieur El-habibe Madi, président du Comadep, celui-ci dit « prendre très au sérieux les menaces de Sea shepherd qui dans un communiqué menaçait de s’en prendre physiquement aux installations de la piste d’aéroport si le projet se réalisait. »
Nous citons Monsieur El-Habibe : « Il s’agit là de menaces et d’intimidations inacceptables dans notre société démocratique. Le débat public était justement là pour prendre les avis de chacun de manière à permettre un arbitrage éclairé de l’Etat. Nous condamnons ces intentions ignobles et méprisables de la plus ferme manière. Si ces associations pensent ne pas avoir été convaincantes et choisissent la voie de la violence, le Comadep répond désormais qu’elles trouveront sur leur chemin la majorité des mahorais favorables au projet. Et, sans aucune ambigüité, les ripostes seront à la hauteur de leurs attaques, physiques et verbales !
Si certains pensent encore que Mayotte est ce territoire de non-droit, pour mémoire "Mayotte c’est la France !". Et ce ne sont pas quelques délinquants organisés, des intégristes de l’écologie, des khmers verts et des terroristes-anarchistes sous couvert d’associations de protection de l’environnement, qui viendraient faire la loi sur le territoire français. Le Comadep rappelle aussi que la République française ne se laissera pas menacer et les Mahorais ne se laisseront pas intimider ! ».
Or, la seule et unique intervention de l’ONG Sea Shepherd sur le sujet de cette piste d’attérissage consiste en un communiqué de presse datant du 13 décembre (intégralité du communiqué ci après). Communiqué ne contenant aucune menace d’aucune sorte et qui se borne à rappeler les dangers pour l’écosystème marin et les intérêts économiques et de bien être à long terme pour les Maorais de la destruction du lagon qu’entrainerait l’allongement de la piste en question.
Sea Shepherd est une ONG anti braconnage qui fait respecter les lois de protection des océans et dont les actions sont légitimées par la Charte Mondiale pour la Nature des Nations Unies. En 35 ans d’existence, l’association n’a jamais été inculpée ou reconnue coupable de crime ou de délit. Monsieur El-Habibe cherche à salir l’image de Sea Shepherd afin de discréditer le positionnement de celle ci et ainsi mieux défendre son projet de piste. Ses propos diffamatoires sont une incitation à la haine et à la violence à l’encontre de l’association.
Ce qui est indigne d’une société démocratique comme se plait à le rappeler Monsieur El-Habibe, ce sont ses propos mensongers et sa tentative de manipulation de l’opinion en vue de diaboliser une association qui a pour seul tort de tenir un discours qui ne va pas dans le sens du projet destructeur, basé sur des intérêts économiques à court terme défendu par son organisation.
Ce genre de pratique est inacceptable. En conséquence, Sea Shepherd annonce qu’elle déposera plainte dans les prochains jours pour diffamation à l’encontre de la Comadep.
Lamya Essemlali Présidente Sea Shepherd France SEA SHEPHERD FRANCE // Le 23 décembre 2011 |
Ci dessous : copie intégrale du Communiqué de Presse de Sea Shepherd au sujet du projet de piste à Mayotte datant du 13 décembre 2011. |
Sea Shepherd Conservation Society s’oppose à un projet destructeur pour le lagon de Mayotte.
Le projet d’allongement de la piste d’atterrissage qui doit être débattu publiquement est un non sens écologique et socio-économique.
En effet l’allongement de cette piste se ferait au détriment du lagon de Mayotte qui abrite plus de 200 espèces de coraux, une des rares doubles barrières récifale au monde, 22 espèces de mammifères marins (dont le Dugong). Les plages de ce lagon sont par ailleurs le lieu de ponte de nombreuses tortues marines.
Les services éco systémiques rendus par le lagon aux habitants de Mayotte, en plus de sa valeur touristique, dépassent de très loin l’intérêt de l’allongement d’une piste.
Intérêt d’autant plus discutable que l’on sait aujourd’hui que des vols directs Paris-Mayotte peuvent desservir l’ile sur la piste existante.
La population de Mayotte a tout à perdre dans un tel projet.
Ce projet de construction est en contradiction totale avec le décret du 18 janvier 2010 instaurant la création du parc marin de Mayotte.
Avec près de 11 millions de km2 de cotes, la France est le deuxième territoire marin au monde. De cette immense richesse naturelle découle une grande responsabilité en matière de préservation des écosystèmes marins pour les générations actuelles et les générations futures.
La France doit se montrer à la hauteur de l’enjeu. Renoncer à ce projet d’allongement de piste en fait partie.
Sea Shepherd Conservation Society est donc très fermement opposé à un tel projet et en appelle aux autorités compétentes à considérer en premier lieu le bien-être de tous pour aujourd’hui et pour demain.
Lire la version originale du communiqué de Sea Shepherd |
Analyse de Mayotte-Observer sur la situation |
Le communiqué de la présidente de Sea Shepherd France que vous venez de lire est tout à fait différent des propos reportés par les quotidiens locaux. Voici un extrait de ces propos lus dans l’un des plus sérieux medias de Mayotte, France-Mayotte-Matin. Dans son édition N° 346 du 13 décembre 2011 on pouvait lire : (souligné en rouge).
Extrait de ce qui est réporté par les médias locaux
Le paragraphe souligné en rouge ici porte tout son intérêt et n’importe qui doté d’un minimum de bon sens et de connaissances sur le comportement de cette association (bateau coulé), comprend la menace. Soit ces propos ont été tenus dans ce sens et avec les mots que reporte le media, dans ce cas il y a réellement des menaces à demies-voilées ou déguisées. Soit le media, a fait ses interprétations en manipulation le message de cette association. Ce qui est sûr, ces propos, soulignés en rouge, sont ouverts aux interprétations. Et n’importe qui a le droit de penser ce qu’il lui plait à la lecture de ce media.
Que veut-on dire par « réagir de manière forte » ? Que veut-on faire en associant cela avec le fait de « couler un bateau » ?...
C’est comme si, Marc Dutroux, le fameux pédophile belge, venait à la sortie des écoles maternelles et disait aux parents : « faites attentions à vos enfants !». Il n’y a pas dans cette phrase de menace quelconque lorsqu’on ne connait pas la personnalité. On pourrait même croire qu’il s’agit d’un conseil ! Mais quand on prend en compte le contexte et le profil de l’individu, cette petite phrase prend un tout autre sens.
Ainsi, quoi qu’il en soit, soit cette association ne maitrise pas sa communication, soit c’est en ces termes qu’elle s’est exprimée. Nous n’avons pas de doute sur les termes et propos reportés par le quotidien France-Mayotte-Matin. Ils ne sont pas du genre à transformer ni à manipuler les informations ! Dans ce cas la réaction de l’association COMADEP est justifiée. Pour la petite histoire, les propos du style « sale mec » prétendument dits en « off », ne sont pas d’usage qu’en métropole, à Mayotte aussi !
Tout autre chose, le communiqué original de Sea Shepherd est daté du 13 décembre 2011. Il est publié le même jour par France-Mayotte-Matin dans son édition N°346 du mardi 13 décembre 2011? Drôle de coïncidence ! En temps normale rares sont les communiqués publiés au même jour que leur envoie ( ?!...). Notons juste que les temps changent à Mayotte !
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