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Rencontre en haut lieu avec le sénateur Thani Mohamed Soilihi.

Publié le Samedi 03 décembre 2011, à 22h15

 

Thani Mohamed Soilihi 

Le sénateur de Mayotte au centre, Maitre Thani Mohamed Soilihi

 

C’est ce samedi 03 décembre que l’un des 2 nouveaux sénateurs de Mayotte maitre Thani Mohamed Soilihi est venu à la rencontre de la communauté Mahoraise de Paris. A l’ordre du jour, présentation des acteurs associatifs, prise de contact, organisation des échanges futurs avec la communauté et les projets principaux de la communauté.

 

Après les présentations de rigueur, la rencontre a commencé par l’exposition des principaux projets que la communauté mahoraise de Paris souhaite voir porter auprès des assemblées. Il s’agit de l’éducation, de la culture et de la visibilité des mahorais sur la scène nationale.

 

Pour l’éducation, la communauté a exprimé au sénateur son souhait de voir Mayotte bénéficier d’un certain quota de place dans les grandes écoles de la république et un certain nombre de places réservées dans les facs de médecine au même titre que certains DOM (La Guyane). Il  ne s’agit certainement pas de favoritisme, mais de donner un coup de pouce aux enfants de Mayotte afin d’accéder aux grandes écoles à l’instar de ce qui se pratique avec Science Po pour les banlieues défavorisées.

 

Le deuxième problème d’urgence présenté était celui de la culture mahoraise. La communauté Mahoraise de Paris pense que pour mieux faire connaître l’île auprès des compatriotes Métropolitains, il serait important de soutenir nos artistes pour participer aux différentes manifestations nationales. La communauté s’est étonnée  que rien de cela ne soit fait par nos élus qui dépensent des milliers d’euros au niveau du tourisme en oubliant que nos meilleurs ambassadeurs sont les artistes-chanteurs.

 

Enfin, le problème d’intégration des mahorais en métropole est encore revenu sur la table. On constate encore une fois que les difficultés sont toujours là et avec la départementalisation, ces problèmes se sont accrus. Pour exemple la communauté s’est étonnée que les problèmes liés à la régularisation de l’état civil ne soient traités que sur Mayotte sans considérer la population résidente hors du territoire. A cela s’est ajouté les problèmes de délinquance des mahorais en Métropole.

 

Le senateur a bien pris note de ces doléances et partage les points de vue. Il a insisté sur la nécessité d’expliquer à chaque fois qu’il sera nécessaire l’histoire de Mayotte et de dire qui sont les mahorais. En quelque sorte rappeler l’identité du mahorais en se lançant dans une campagne d’explication pour éviter les clichés et les amalgames. C’est seulement de cette manière que l’on comprendra au mieux les problématiques locales et les mesures spécifiques à apporter.

 

Il n’a pas manqué de souligner que ces problèmes de délinquance ne se limitent pas seulement aux mahorais de métropole mais s’étendent aussi et surtout sur Mayotte. Puis rapidement, il a annoncé que pour mieux résoudre les problèmes des mineurs délinquants, il a invité le nouveau défenseur des droits des enfants, à venir à Mayotte pour se rendre compte de la réalité. Lors de cette rencontre il n’a pas confirmé cette venue ni la date éventuelle.

 

Pour ce qui est de l’éducation est des places réservées, il a promis de réfléchir sur la meilleure façon de pouvoir faire bénéficier aux élèves Mahorais de ces dispositions qui existent pour les autres DOM.

 

Enfin, pour la culture, il a insisté qu’il faut une vraie conscience de l’ensemble des élus locaux pour avoir des vrais ambassadeurs de l’image de Mayotte.

 

Après avoir écouté et avoir donné son avis sur les priorités de la communauté Mahoraise de Paris, il a présenté à son tour ses priorités pour le développement de Mayotte. Dans sa liste, les problèmes de traitement des ordures ménagères et des déchets, les problèmes de la régularisation foncière, puis le problème de la  «zone des pas géométriques ». Il fait ces 3 problèmes, des points majeurs à traiter immédiatement car pour mieux commencer l’entrée dans la départementalisation il faut résoudre ceux-là.

 

Pour la régularisation foncière, il a donné quelques pistes de réflexion qu’il compte approfondir avec son équipe. Notamment la modification par la négociation de l’ordonnance de 1988 sur l’immatriculation du foncier à Mayotte.

 

Pour les problèmes de traitement des ordures, il a rappelé qu’un budget de 2,5 millions d’euros était débloqué pour former des agents spécialistes en la matière. Il a promis de peser de tout son poids avec l’aide de son groupe au sénat pour faire que ce problème soit pris en considération de manière significative.

 

Et pour conclure, le problème des « zones des pas géométrique », il prône pour un traitement particulier de certaines zones à Mayotte. Mais comme c’était qu’une réunion de contact, il a promis de revenir dès que possible sur ces points afin faire part de sa mure réflexion.

 

Mais, l’ordre du jour de cette rencontre a été encore chamboulé. Comment ne pas aborder le problème de la vie chère à Mayotte après 45 jours de destruction de l’économie. Et, dans ce contexte de crise la communauté mahoraise de Paris lui à demandé son point de vue sur le préavis de grève annoncé pour le 19 décembre prochain.

 

D’abord le sénateur à rappeler qu’il s’agit d’un problème de pouvoir d’achat à proprement dit. Puisque Mayotte est le territoire de la république le moins doté. Pas de minima sociaux, salaires bas, pas d’emploi, 30 000 personnes qui doivent en nourrir 200 000. Il pense que si la manifestation est légitime, il ne faut pas prendre le risque de détruire les emplois qui existent et prendre l’économie en otage. Oui, aux manifestations dans la limite du raisonnable. Il pense qu’on peut certainement faire autrement sans tuer les emplois.

 

Son analyse, c’est que la clef est entre les mains de l’état exclusivement. En 2004 lors de la décentralisation l’état a fait des transferts de compétences sans transfert des moyens. L’état n’a pas respecté ses engagements vis-à-vis de Mayotte. Si l’état payait ses dettes le conseil général pourrait certainement agir sur le pouvoir d’achat des mahorais. La solution n’est pas de faire des grèves en continu et asphyxier l’économie, mais de trouver des moyens pour rappeler à l’état ses obligations.

 

Pendant cette rencontre très courtois et solennel, le sénateur a montré qu’il est conscient des problèmes nombreux que Mayotte devra faire face pour son développement. Il a surtout montrer qu’il était un homme de consensus et prêt à travailler avec toutes les bonnes volontés car, pour lui, le chantier est si gigantesque que Mayotte aura besoin de tout le monde.

 

Pour l’heure laissons-lui le temps de s’installer dans ses fonctions. Pour 6 années de mandat, la population mahoraise aurait bien le temps de juger.