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Piste longue et la passivité des acteurs socio-économiques de Mayotte.

 

Publié le 27 Août 2011 à 1h07

 

aeroport mayotte 

Piste actuelle de 1930 m

 

Les vacances et le ramadan sont déjà presque terminés. La Commission Particulière du Débat Publique (CPDP) sur le projet de piste longue de Mayotte va reprendre ses activités sur la consultation de la population, à partir du 9 septembre prochain.

 

Si ces débats vont reprendre en début septembre avec cette fois sur la partie concernant les questions thématiques, il faut d’abord féliciter le travail réalisé lors de nombreux débats dans les communes de Mayotte.

 

La population y venue nombreuse. Des questionnements, des propositions et des avis de tous genres ont été collectés. La preuve que cette nouvelle façon de faire, ce type de démocratie populaire, intéresse les mahorais au plus profond de leur être.

 

Ainsi, sur les 7 réunions organisées au cours du mois de Juillet, on notait plus de 500 participants, environs plus d’une centaine de questions et avis exprimés, et 80 par écrits. Autant dire que c’est un succès absolu pour ce nouveau département !

 

On est tenté presque de dire que le job est fait  à l’américaine ! (job is done !)

 

Et pourtant, on peut noter lors ces débats que la population, les élus, les acteurs économiques, les associations, les municipalités et voire même le conseil général  etc…, n’ont pas encore compris qu’il s’agit d’un « PROJET » ! On entend dire par ici et par-là : « ils vont faire une piste longue ! ». Que nenni, ce ne soit pas encore le cas puisque le débat n’est pas encore fini et l’état promoteur du projet ne s’est  pas encore prononcé définitivement.

 

Il est important d’insister sur le mot PROJET, car celui-ci peut très bien se réaliser comme tomber à l’eau. D’autant plus que les opposants sont nombreux à l’instar des naturalistes et consorts.

 

S’il est dit qu’il s’agit d’un débat public, cela n’est pas dit que les acteurs cités plus haut sont exclus. Il est même recommandé de voir leur participation active pour soutenir le projet.

 

Ainsi, on aurait dû voir dans toutes les communes de Mayotte des bandeaux de soutien du projet. Dans les medias, la publication des argumentaires des élus, comme les sénateurs, le député, les maires, les conseillers généraux, l’office du tourisme, le conseil économique et social, la présidente de la chambre de la CCI,…

 

Il en est rien de tout cela ! Ils attendent comme d’habitude que les choses se passent. Que Paris juge seul de poursuivre ou non le projet ! Or, en tant que projet il ne suffit pas de dire en un mot « qu’on est d’accord » mais de réellement soutenir la chose en créant un lobby, une force de promotion et d’intérêt pour ce projet au même titre que les lobbys qu’on peut voir en métropole.

 

Prenons, l’exemple de la ligne de métro autour de la région Parisienne. Alors même que les débats publics se poursuivaient, chaque région, chaque commune et chaque élu ne cessait de mettre en avant les atouts du passage de la ligne dans sa commune. Ce qui fut de même pour le projet de la ligne à grande vitesse Paris Strasbourg, le TGV-EST.

 

Pourquoi ces acteurs socio-économique n’agissent-ils pas avec conviction et détermination comme ils l’on fait pour la départementalisation ?  Ont-ils compris que la piste longue était acquise ? Pour rappel, cela fait déjà plusieurs années que Mayotte attends ce projet. A chaque fois cela fut repoussé ou des techniciens Parisiens venaient mettre en cause la faisabilité du projet.

 

Si ces acteurs expriment une telle passivité sur ce projet, il ne reste plus qu’à prier dieu, inchallah, pour que cela se fasse seul. Ainsi c’est comme ça que les choses vont à Mayotte.