
Social. Les manifestations contre la vie chère en Petite Terre tournent à l’affrontement contre les CRS. !
Publié le 28/12/2009
Revenons sur les événements récents à Mayotte, en particulier en Petite Terre. Tout a commencé lorsque le conseil général de Mayotte vote et décide de mettre en application le 1er décembre 2009 l’augmentation du prix de la barge*. Ainsi avec l’argent encaissé, la collectivité départementale de Mayotte pourrait compenser ses difficultés économiques liées à la gestion piteuse du conseil général.
Le texte a été voté par la majorité UMP associée aux Socialistes. L’opposition qui le premier réclamait des mesures drastiques n’a pas voté le texte. Pour l’heure on ignore les réelles motivations de ce rejet ! On pourrait voir une manœuvre pour les élections législatives de 2011 ! Ou tout simplement par ce que le Conseil général de Labattoir, leader de l’opposition se sent concerné personnellement.
Le président du conseil général passe à la télévision locale RFO, pour expliquer qu’il n’a pas le choix et il doit prendre des décisions difficiles pour ces concitoyens.
De peur que cette hausse des prix de la barge soit répercutée sur les prix de matériaux de construction, sur les produits de premières nécessités et bien d’autres …les habitants de la Petite-Terre décident de manifester pour montrer leur mécontentement. Ils ne comprennent pas pourquoi ce sont eux qui devraient payer la mauvaise gestion du conseil général.
Le prix de la barge passe de 0,75 euros à 1 euros pour les passagers piétons et les prix des poids lourds sont réévalués au double, voire plus [voir les tarifs proposés par le CG976]. Et ce bien sur ce point que le conseil général compte récupérer de l’argent frais. Mais, c’est aussi sur ce même point que les prix vont encore être augmenté dans les commerces de Petite-terre.
Ainsi, la première manifestation a lieu 02 décembre 2009. Les habitants de Pamandzi et de Labattoir décident de se rejoindre sur le rond point de four-à–chaux. Passage stratégique en Petite-terre pour rejoindre l’aéroport. Sur place les deux groupes bloquent la route paralysant ainsi toute l’économie de l’île en une journée. Le préfet et le président du conseil général arrivent rapidement sur les lieux eu promet de suspendre la décision d’augmenter la barge jusqu’à nouvel ordre.
La population qui s’est constituée en « collectif des citoyens perdus » décide de mettre fin au blocage. Il faut noter ici que la négociation a permis de résoudre le conflit sans heurt, ni blessés, ni dégâts matériels ! Et pourtant il y avait bien de policiers et CRS dans ce dénouement heureux.
De cette deuxième manifestation, les choses ne se passent pas comme prévues ! Vous avez sans doute déjà lu le communiqué de la préfecture publié dans tous les medias locaux appelant au calme et donnant la version officielle des événements.
Nous avons mené l’enquête auprès des manifestants et voici donc leur version. Au conditionnel.
Il semblerait que, comme pour la première manifestation les Pamandziens en Labattoiriens se sont donnés rendez-vous au rond point de four-à-chaux. Mais pour y parvenir les habitants de Pamandzi doivent passer devant la caserne de la gendarmerie [notez qu’ils ont fait la même chose lors de la première manifestation].
Les autorités décident d’empêcher le passage des Pamandziens devant cette caserne et ainsi empêcher que le rassemblement prévu [à four-à-chaux] ne se fasse. Cela éviterait donc de bloquer la route nationale sous la responsabilité du préfet.
Un "face à face" est donc engagé ! [Regardez la vidéo]. Des provocations verbales de part et d’autres. Des gestes de défis s’entre aperçoivent de chaque coté ! Et donc cela a dégénéré !
Ce qui se termine par des blessés grave du coté des CRS et des blessés légers du coté des Pamandziens.
Pour le policier grièvement blessé et évacué pour des raisons sanitaires [EVASAN] vers Paris, il semblerait d’après les manifestants qu’il aurait été blessé par ses collègues. Apparemment, il y a eu déclenchement d’un de ses armes qui l’a propulsé à quelques mètres du sol et entraînant de graves blessures sur le dos. Ce qui semble être sûr, il était dans les rangs avec ses collègues lorsqu’il fut blessé.
Contrairement à ce que certains medias locaux vendaient au public, pour un peu d’action à Mayotte. D’après ces mêmes medias, le CRS aurait été agressé directement par les manifestants lorsqu’il se retrouvait isolé. Hypothèse improbable, puisque à l’école de police on enseigne de ne jamais sortir du bloc.
Pour le deuxième policier grièvement blessé mais resté à Mayotte, il semblerait qu’il est tombé en essayant d’attraper un jeune encagoulé.
Il est bien dommage que les medias locaux ne se sont pas intéressé à la version des manifestants, mais se sont contenté de la version « officielle ». Du journalisme oui ! Mais d’investigation et d’information !
Voici donc une autre version de ces manifestations. A vous de juger ! Toutefois pour connaître la vérité nous espérons que les rapports médicaux sur les circonstances réelles des blessures des policiers seront rendus publics. Seuls ces éléments peuvent définir comment les blessures ont été faites.
Nous ne savons pas si une enquête a été ouverte par la préfecture pour déterminer les causes réelles. Ce qui pourrait nous sembler être un manquement manifeste du fonctionnement d’un état de droit. A moins que les « coupables » soient déjà désignés ?!....
Tout autre chose, il semble qu’il y a à Mayotte deux associations Oudahiliya Haki Za Maoré [défendre les intérêts des Mahorais] et ASCOMA [Association des Consommateurs de Mayotte] qui se chargent des questions liées à la vie chère, ces deux associations ne se sont jamais prononcées, ni n’ont jamais dénoncé, ni n’ont fait aucun commentaire. Le silence funèbre qu’elles ont montrés laisse présager une situation catastrophique dans l’avenir!
Une autre manifestation a eu lieu le jeudi 24 décembre en soutien aux deux personnes à condamnées à des peines de prison ferme.
La barge : *Pour ceux qui ne connaissent pas Mayotte, il s’agit de la navette reliant la Grande-Terre à la Petite Terre.