
Lettre ouverte aux associations des Naturalistes, Environnement et Patrimoine et France Nature Environnement de Mayotte.
Publié le 03 juin 2011 à 23h50
Voici le type d'avion qui sera interdit à Mayotte
Il y a quelques mois nous apprenions tous par les medias l’opposition des naturalistes de Mayotte sur le projet d’extension de la piste longue de Mayotte. Un communiqué qui a eu écho dans tous les journaux qui soutiennent leur propos. Voici la réponse de l’association Comité Mayotte Département (COMADEP), diffusée en communiqué dans les medias locaux.
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Paris, le 29 MAI 2011
Lettre ouverte aux associations des Naturalistes, Environnement et Patrimoine et France Nature Environnement de Mayotte
Objet : Piste longue de Mayotte, halte à la terreur des naturalistes !
Il y a quelques mois nous lisions sur les colonnes des medias locaux l’opposition des associations, France nature environnement, Environnement et Patrimoine et les naturalistes de Mayotte, sur le projet de construction de la piste longue de Mayotte.
D’abord nous tenons à rappeler ici que le projet de piste longue de Mayotte a été le retenu parmi les grands projets d’intérêts nationaux par le décret. La décision de classer ce projet parmi les grands travaux d’infrastructure à intérêts nationaux est motivée par des enjeux socio-économiques, par une nécessité primordiale de désenclaver l’ile et par ce fameux principe de continuité territoriale. En effet, le désenclavement de Mayotte doit favoriser le développement de ses activités économiques et notamment ses activités touristiques liées au lagon. Il s’agit d’une décision soutenue par toute la population de Mayotte.
Ensuite chose surprenante de la part de ces 3 associations. Avant même que l’on ait vu le moindre avant-projet, la moindre maquette, et qu’on n’ait pas encore commencé le débat public, elles se prononcent en défaveur de ce projet, sans connaitre ce qui sera proposé par la DGAC. La responsabilité ne serait-ce pas d’attendre voir comment le projet sera réalisé pour se constituer en force de proposition ? Manifestement non ! A moins que ces associations soient aux secrets des dieux de la DGAC ? Si tel était le cas, ça ne serait certainement pas convenable que seuls certains privilégiés soient au courant alors que la masse, la plus concernée, ne l’ait pas !.
Les affirmations, nous insistons sur le mot «affirmations», de ces associations ne sont basées sur aucune données techniques ni rapport tendant à soutenir leurs propos. Il ne suffit plus d’affirmer les choses pour avoir raison ! Ont-ils eu ou réalisé un contre-rapport d’impact sur l’écosystème Mahorais ? Si tel est le cas, il serait intéressant de le publier lors des séances de débats publics pour enrichir le débat et de le communiquer aux autorités. Sinon, il faut éviter de confondre arguments et ressentiments!
Ainsi, nous les invitons à agir de manière constructive et responsable, à poser tous les éléments et arguments pour justifier leurs oppositions à ce projet. Et, inutile de se lancer dans un débat de spéculations, mais un vrai débat de faits et de données techniques probantes.
Pour rappelle, l'aéroport Nice Côte d'Azur a été construit sur une zone partiellement gagnée sur la mer située dans le prolongement de la promenade des Anglais, le long du fleuve Var. L’Aéroport du Kansai, Osaka (Japon), construit sur une île artificielle dans la mer en 1994. Le pont de Normandie est construit dans une zone marécageuse à forte densité de faune et flore. Et dans tous ces projets, les problématiques environnementales ont été prises en compte et satisfaites.
Pourquoi ce qui se construit très bien ailleurs, avec toutes les règles de l’art, et des ingénieurs avertis ne peut se faire à Mayotte sous des faux prétextes ?
Nous savons tous et sommes conscients que ce projet pourrait, dans sa présentation actuelle de 3 million de tonnes de remblai, avoir des impacts sur l’environnement en raison de la très grande richesse floristique du lagon. Le conditionnel est de rigueur ici, car d’autres solutions encore moins chères sont possibles (peut être juste prolongé ce qui existe, ou voir la même construction qu’à Funchal…).
En matière de construction d’infrastructure compatible avec l’écosystème, ce ne sont pas les techniques propres qui manquent ! Nous invitons les autorités, les élus et le public à aller voir l’Aéroport de Funchal, île de Madère (Portugal). La piste a été agrandie en septembre 2000 … sur la mer ! Avec un pont, sur 180 piliers de béton.
Nous ne disons pas qu’on peut faire à l’identique les mêmes choses à Mayotte, car ce n'est certainement pas la même nature géomorphologique, mais disons seulement que les techniques propres existent et il n’est pas question, pour les défenseurs de l’environnement que nous sommes tous, de s’en priver !
Comment veut-on préserver la nature pour attirer les touristes, si ces derniers doivent payer le prix d’un bras et deux yeux pour venir à Mayotte sans garantie de pouvoir atterrir en saison de pluies.
Aussi lorsque ces associations considèrent que le projet est obsolète puisque les compagnies aériennes peuvent effectuer des vols directs depuis Paris et inversement, il s’agit là d’une vision très réduite du développement de Mayotte. Les aéronefs actuellement utilisés dans la région sont de types A330-200 et A777-200LR qui peuvent certainement décoller à pleine charge, d’après les mêmes compagnies qui disaient par le passé que cela n’était pas possible (?). On dira même qu’il s’agit de sur-mesure pour Mayotte ! Ce qui laisse le monopole aux mêmes compagnies actuelles de part l’infrastructure existante.
Le développement de Mayotte ne devrait pas se limiter qu’à ce genre d’avions. D’autant plus que les long-courriers gros porteurs sans oublier les fameux A380 ne pourront jamais atterrir sur la piste actuelle (1930 m). Devons nous à l’horizon 2040 rallonger de quelques kilomètres (1500 m) pour pouvoir accueillir des avions gros porteurs ? Il n’est un secret pour personne que la piste longue doit avoir une distance de 2600 m à 3000 m pour des atterrissages et décollages en toute sécurité (si on devait rallonger l’actuelle on aurait besoin que de 1070m et non de 40 m).
Faire allusion à la quarantaine de mètre (40m) pris sur le gazon par l’actuel concessionnaire comme étant suffisant, est un manque de considérations graves et insoutenable pour les Mahorais. S’appuyer sur les paroles des dirigeants des compagnies actuelles pour faire passer l’idée que cette infrastructure est « obsolète», c’est sacralisé ces paroles qui n’engagent que ceux qui les disent.
Bien longtemps Mayotte a souffert de désenclavement. Il s’agit là d’une occasion unique pour résoudre une fois pour toute, ce problème et ouvrir ainsi Mayotte au reste monde et à la concurrence dans le domaine aérien. Il en va aussi du prix des billets d’avion !
Si les naturalistes et France Nature Environnement s’inquiètent de l’impact Écologique d’un tel projet, nous les conseillerons d’abord d’exiger ou d’attendre l’étude d’impact qui sera associé à ce projet. C’est seulement sur cette base réglementaire que l’on pourra ouvrir des discussions sur la façon de protéger l’environnement tout en réalisant les travaux de la piste longue.
Les techniques de constructions prenant en compte la problématique de l’environnement devront sans doute être intégrées dans les cahiers de charges. Il vous appartient de veuillez à ce que cela soit le cas ! Le futur maitre d’œuvre devra démontrer comment il réalisera les travaux avec le moins d’impact sur l’écosystème. Le rôle d’une association pour la protection de l’environnement n’est pas d’empêcher les projets de se réaliser mais de veiller à ce que tout soit fait de manière à ne pas perturber l’écosystème. Ce qui est manifesté dans les propos de ces associations n’est rien d’autre que le refus du développement de Mayotte. On peut très bien faire les deux, protéger et développer, à l’instar des exemples que nous citons plus haut.
Si donc des garanties suffisantes et acceptables sont données, si les études d’impacts sont jugées suffisantes, et si les techniques de constructions qui ont déjà été appliquées ailleurs peuvent être adaptées, rien et aucun sentiment de ces biens-penseurs ne devra s’opposer à cette infrastructure.
Nous demandons donc aux élus et aux autorités publiques de maintenir la construction de cette infrastructure et d’envisager toute les possibilités pour que cela soit enfin une réalité.
Le président MADI MDAHOMA El-Habibe |
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