
Le massacre prévu des lémuriens de l’Ilot Mbouzi ! Publié le 18 janvier 2012 à 20h50
Leurs jours sont comptés !
C’est dans la première semaine du mois de janvier que nous apprenions, comme tous les medias locaux, l’existence d’un rapport secret rédigé par le gestionnaire de la réserve de l’ilot Mbouzi, avec la collaboration de la DEAL, pour définir une stratégie de régulation de la population des makis dans cette réserve.
Ce rapport destiné au Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) reste pour l’heure très confidentiel. Les décisions ne sont pas encore prises et on tente d’agir rapidement et de manière très discrète pour régler le problème. Si pour le moment les intéressés n’ont rien laissé sortir de leurs intentions finales, la solution d’extermination simple serait la plus privilégiée.
Mais comment en est-on arrivé là ! Dans les années 90, les makis et les agriculteurs de Mayotte se disputaient les récoltes et les fruits des plantations. Lorsqu’un agriculteur qui avait passé 1 an à entretenir une bananeraie et son champ, se rendait compte que la moitié de sa récolte avait été saccagé par les Makis, rien ne pouvait l’arrêt lorsqu’il en voyait un. Et ceci se généralisa dans l’île où la culture vivrière était la seule façon de faire vivre toute une famille.
Les makis et les agriculteurs se regardaient d’un œil très méfiant et la cohabitation était devenue impossible. C’est alors qu’une bonne idée est arrivée par une dame toute sympathique et bien décidée à agir. Le principe était simple. Il fallait à tout prix sauver l’espèce endémique à Mayotte et qui est le symbole même de l’ile. Il faut donc mettre quelques spécimens sur un ilot loin de la population. Ce fut donc l’ilot Mbouzi !
Si au départ l’idée était bonne, elle ne fut pas très aboutie, ni complètement pensée. Puisque plus tard on se retrouve confronté à un problème de nourriture. On n’a pas pris la peine de planter sur l’ilot les arbres fruitiers ni mettre les conditions d’un développement équilibré sur une surface limitée de 85 ha. On a laissé la population se développer sans contrôle et sans régulation. Ce n’était plus une réserve mais un lieu d’abandon ! Livrés à eux même, les animaux espéraient les visites hebdomadaires des touristes pour avoir quelques bananes ou n’importe quoi à bouffer. Très vite, l’organisation de l’association qui gère la « réserve » fut dépassée et petit à petit les makis sont laissés à leur sort.
Entre temps, le nombre d’agriculteurs à Mayotte a diminué comme peau de chagrin du fait de l’avènement des supermarchés et de la société de consommation. Les champs sont délaissés, les cultures sont abandonnées et la place revient naturellement aux quelques makis vivants sur la grande-terre. Ceux-là se sont multipliés et ont réussi a reconstitué leur population d’avant la guerre avec les cultivateurs.
Par contre, pour ceux qui se trouvent sur « Alcatraz », c’est la surpopulation. Et la seule loi qui y régnait, c’était celle de la jungle.
Aujourd’hui on ne peut ni les remettre sur Grande-Terre ni les laisser s’entretuer sur Alcatraz. Et la solution qui semble avoir été envisagée, c'est celle de l’extermination.
Or, sur les 600 à 800 espèces dénombrées, on pourrait stériliser les males par castration et laisser le nombre se réguler naturellement. On pourrait aussi, envoyer quelques membres dans les zoos en métropole ou les donner à certains parcs animaliers.
Mais, manifestement le pire est à envisager ! Attendons et on verra si les autorités seront plus humaines face à ces makis qui n’ont rien à voir avec les erreurs de certains !
Les medias locaux ont fait une petite place de cette affaire dans leurs éditions. Certains medias de la Réunion, ont eux tenté de la mettre au devant de la scène en dénonçant le massacre prévu. Et pourtant, cette information est passée rapidement comme si toute une organisation était mise en place pour la faire taire.
Et, le plus surprenant est le silence de ces fameuses organisations environnementales qui ont fleuri à Mayotte ces derniers temps comme de mauvais champignons. Ni l’organisation de Brigitte Bardot, ni France Nature Environnement, ni leurs amis de Sea shepherd, et sans oublier les copains de 30 Millions d’amis n’ont réagit. A croire que seul le non-développement de Mayotte est leur préoccupation majeure. Peut-être aussi que cette expression qui dit que : « un cafard ne tue pas un cafard » va se vérifier à Mayotte ! |