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La Ligne directe Mayotte-Paris avortée, une confirmation pour la piste longue !

Publié le 09 février 2012, à 23h45

 

Air Austral

Un des avions qui devait faire la ligne Mayotte-Paris - Air Austral

 

Le conseil de surveillance d’Air austral, par son président Didier Robert, vient d’annoncer le maintien des lignes de la compagnie vers Bangkok, Nouvelle-Calédonie et les autres destinations de l’Océanie, sans pour autant donner de date pour la relance de la ligne directe Mayotte-Paris. Autant dire que le poussin est mort dans son œuf !

 

Ainsi ce qui semble être une mauvaise nouvelle, est une excellente nouvelle pour la construction de la piste longue. ! Autant dire merci aux dirigeants de la compagnie Air Austral pour ce coup de pouce maladroit qui vient confirmer que développement de Mayotte ne peut pas être conditionné par la volonté de la 1ère Compagnie régionale.

 

Pour rappel, une semaine après l’allocution du président de la république (18 janvier 2010), Nicolas Sarkozy, sur la création d’une ligne directe entre Paris et Mayotte à travers un investissement sur une piste longue, la compagnie Réunionnaise annonçait qu’elle était capable de faire atterrir des nouveaux aéronefs « taillés » pour la piste actuelle (1930m) de Mayotte.

 

Immédiatement cette annonce de la compagnie avait été saisie par les opposants de la piste longue pour dire que ce projet n’était plus nécessaire dans la mesure où des solutions existaient. Une tempête de pseudo-écologistes irresponsables s’abattait sur Mayotte pour diffuser leur bonne parole.

 

Et puis s’en est suivie une fanfaronnade d’avions nouvellement achetés par la compagnie sur le tarmac de Pamandzi. Des avions qui à l’occasion étaient venus directement de Seattle, chez Boeing, pour démontrer que ces avions étaient capables d’atterrir à Mayotte. Une fausse démonstration car les avions étaient vides ou du moins ne transportaient que le personnel navigant et quelques invités de marque bien choisis. Or, on le sait tous ! Le problème c’est de pouvoir décoller ou atterrir en pleine capacité, c'est-à-dire avec tous les sièges occupés, et le plein de carburant par tout temps (pluie y compris)!

 

La presse local n’avait pas cessé de saluer ce pseudo-succès qui de loin n’en était pas un. Puisque des paramètres importants n’avaient été pris en compte.

 

Puis, c’est la débandade ! Ça commence par le président de la compagnie, Gérard Ethève, qui dénonçait les prix du carburant pratiqués par Total. Et faisant clairement croire que la ligne était menacée si Total ne faisait pas un effort. Que nenni ! Les prix restaient toujours les mêmes chez Total. Cette dénonciation surprenait plus d’un parmi nos lecteurs et les mahorais. Tout le monde se demandait comment fait alors Corsairfly pour réussir à faire la ligne directe sans faire du chantage ? La deuxième question qui se posait, concerne Air Austral même. Depuis des années que cette compagnie dessert Mayotte, elle n’a jamais mis en cause les prix que pratiquait Total. Comment faisait-elle et comment fait-elle avec ses avions moyen-courriers ?

 

Autant des questions qui semblaient dire aux Mahorais que dans toute cette agitation, il y avait anguille sous roche.

 

Devant la fin de non recevoir qu’exprima Total, la compagnie Air Austral cherchait d’autres arguments. Et voila, bizarrement, on annonçait aux Mahorais qu’il y avait quelques problèmes techniques mineurs à régler pour permettre aux mêmes avions qui avaient atterris « succès plein » de revenir en toute sécurité. On adjoint donc au nouveau concessionnaire de l’Aéroport de procéder aux modifications toute en faisant croire que c’est ce nouveau concessionnaire qui retarde les choses. A ce jour, nous ne savons pas si les modifications techniques ont été faites. D’ailleurs on se demande pour quoi faire puisque la mauvaise volonté est engagée.

 

Et puis, c’est l’annonce de la mort de la ligne. Des grandes réunions du conseille de surveillance, des coups d’état au sein du directoire, et …. et passons des faux alibis problèmes.

 

En vérité, il faut comprendre que cette ligne directe et par delà la piste longue, Mayotte vient se positionner en concurrent directe face à la Réunion. Et Mayotte à plus d’atouts dans ce domaine. Proche du continent africain et de Madagascar, elle ouvre des possibilités aériennes capables de diminuer les temps de vols pour les nombreux hommes d’affaires qui sillonnent l’Ocean Indien sans vouloir atterrir en Afrique ni s’éloigner à l’autre bout de l’océan indien.

 

A chaque passage, c’est le conseil général de Mayotte qui encaisserait, et la taxe d’aéroport, et les redevances aéroportuaires pour ne citer que ceux-là. Voila donc une manne financière qui pourrait échapper au conseil régional de la Réunion actionnaire majoritaire de la compagnie Air Austral via sa société Somatra.

 

Il n’est donc interdit de penser que des forces obscures veulent empêcher le Vœu du Président de la République de faire une piste longue à Mayotte. La promesse du président de la République ne se basait pas sur une compagnie ou une autre, mais sur la possibilité d’avoir des lignes directes avec des long-courriers. Bien sûr soit en ayant des avions adaptés ou une infrastructure ad hoc ! C’est cette deuxième solution que pensait le gouvernement actuel en ouvrant le débat publique sur la piste longue.

 

Nous concluons cet article en disant que cette nouvelle de l’avortement de la ligne directe Mayotte-Paris est une TRES TRES bonne nouvelle pour Mayotte, à quelques jours de la décision du gouvernement de faire cette piste! Cela montre encore une fois que Mayotte a besoin d’une piste longue capable de répondre au développement économique de l’île sans considérer des solutions farfelues ! Au même titre que le projet d’Aéroport du grand Ouest de Notre-Dame–Des-Landes, Mayotte devra avoir son aéroport.