
La grève contre la vie chère dégénère en Petite-Terre
Publié le 20 Octobre 2011 à 19h12
Début des dégradations à Pamandzi
Au 24ème jour de la grève à Mayotte les événements commencent à échapper aux contrôles du préfet et des leaders syndicaux.
Rien que dans la nuit d’hier dans la commune de Pamandzi en Petite-Terre des affrontements violents ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les grévistes montés à bloc à la suite de la mort d’un manifestant en Grande-Terre. En effet, ce manifestant aurait reçu en plein poitrine un projectile (flahsball) des forces de l’ordre.
D’après certains témoins la victime n’était pas parmi les manifestants. Il était tranquillement entraine de prendre une bière sur une terrasse lorsqu’un projectile d’un « Flashball » est venu le heurter gravement. A terre, ses amis auraient ont tenté de lui porter secours (toujours sur la terrasse) lorsque les forces de l’ordre ont chargé en lançant à l’endroit des fêtards des grenades lacrymogènes. L’assistance respiratoire qui aurait été nécessaire pour ce blessé a été gênée par les fumées lacrymogènes et le retard des pompiers à parvenir au lieu de l’incident. Tous ces éléments précipitèrent ainsi son décès.
Pour se justifier, le chef de la police aurait déclaré que le type est bien mort d'une crise cardiaque avant même l’arrivée du médecin légiste qui viendrait de la Réunion vers midi (heure de Mayotte). Le chef de la police vient donc de se créer un poste de Policier-légiste.
C’est cet événement qui aurait été à l’origine des nouveaux affrontements entre les policiers et les manifestants à Pamandzi et à Mtsapéré pour les plus graves et dans le reste de l’ile pour certains.
Pour l’heure l’enquête devra se poursuivre pour rapidement déterminer les conditions et la cause réelle du décès. Sans quoi, on devrait s’attendre au pire !
Toujours dans la commune de Pamandzi dans la nuit du 19 au 20 octobre des magasins d’alimentation générale, Sodicash, Shopi et d’autres sont parties en fumée. On ne pouvait constater que les restes des produits calcinés ce matin lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux.
La police aurait arrêté 5 individus accusés de jet de pierre envers les forces de l’ordre. Le président du conseil général de Mayotte aurait été physiquement agressé par les forces de l’ordre. Ce matin il aurait ramassé 3 projectiles dans sa cours dont un sur le toit de sa maison. Heureusement ce dernier projectile n’a pas pénétré dans sa maison, mettant en danger toute sa famille (ses deux enfants et sa femme qui y dormaient).
Le préfet Thomas DEGOS aurait été lui aussi caillassé à sa sortie de RFO par les manifestants qui campent devant la station.
A Mtsapéré, les manifestants s’en sont pris aux locaux des la DDE/DEAL et ont brulé une grande partie des véhicules qui s’y trouvaient.
La situation devient de plus en plus tendue, que la ministre de l’Outre-mer, Madame Marie-Luce Penchand aurait annulé son voyage à la Réunion pour parler de Mayotte. Le préfet se sent vraiment seul avec une ministre qui évite de se rendre à Mayotte pour les négociations, un Patronat qui ne souhaite plus négocier avec lui, les leaders syndicaux qui ne veulent plus lui parler si les bavures policières ne s’arrêtent pas et le président du conseil général qui trouve exagéré les forces employées par l’état.
En Métropole, le nouveau candidat à la présidentielle PS, François Hollande, demande au gouvernement et aux forces publiques de faire preuve de retenue. Mais pour l’heure il n’a fait aucune promesse ni proposition pour sortir du conflit. Il est bien temps maintenant que tous les candidats à la présidentielle fassent des propositions contre la vie chère, un malaise qui touche tous les Outres-mers.
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