
La départementalisation de Mayotte sabotée ! Publié le 01 avril 2011 à 23h50
C’est avec une immense tristesse que la foule réunie à Mamoudzou ce jeudi 31 mars 2011 pour célébrer l’avènement de la départementalisation officielle de Mayotte, le 101ème de France, a appris la nouvelle. « Il n’y aura pas de célébration ce jour pour faute d’élection au conseil général », annonça un responsable associatif au parvis du Comité du Tourisme de Mayotte (CDM).
La réaction de la population fut imminente ! « Sarko aurait-il changé d’avis ? », « Sambi aurait-il pu convaincre Sarko de ne pas poursuivre le processus ? », « les Comores auraient-elles eu raison face à la France ? », mais que ce passe-t-il ? Inquiétude générale ! à ce moment là, personne parmi le commun des mortels venus massivement festoyer, n’était au courant des agissements en coulisse et des coups bas qui venaient de se produire entre les élus et les formations politiques en place.
C’est alors que les téléphones portables commencent à sonner créant une ambiance musicale presque festive. « Certains élus de l’UMP ne se sont pas présentés au conseil général ! » annonce juste un collègue à ma droite. Un grand « Ouffff » de soulagement. « Tant que c’est un problème local on est en mesure de le résoudre », affirma ce même collègue.
Tous le monde décide de se rendre au CG976 pour comprendre. Et c’est là qu’on apprend que les élus déserteurs se seraient refugiés à la mairie de Mamoudzou faisant le point sur le « coup de gueule » qu’ils viennent de pousser.
Mais qu’est-ce t-il passée ? Revenons juste à la nuit du 27 mars 2011. Après l’annonce provisoire de résultats (non validée par la préfecture encore) les tractations ont déjà commencé depuis un moment. Les cibles des ses arrangements, les élus du MDM au nombre de trois qui, a priori n’étaient alliés d’aucun parti.
Convoités par l’UMP et le parti des progressistes, ils ont été ouverts à toutes les propositions ! Rapidement certains ont été ralliés. Le conseiller de Bandraboua Siaka Abdillah et Jacques Martial Henry de Mamoudzou II viennent de rejoindre le groupe de la Majorité UMP après les premières négociations.
Les deux élus MDM de Barakani et de Mtsangamouji se mettent à la disposition des progressistes.
Mais restait le cas du conseiller de Pamandzi le tombeur du sortant Fadhul Ahmed Fadhul (FAF), M. ZAIDANI Daniel fraichement élu. Le problème c’est que ce dernier est difficile à convaincre et à tromper. Jeune loup aux dents longues il essaie de tirer la meilleure partie de son coté.
Après le premier round, il semblerait qu’il eu l’avale de son état Major (Sénateur Adrien Giraud, Soilihi Ahmed…) de « copiner » avec l’UMP. Bien sur avec la promesse d’occuper une belle place au soleil ! Enfin, une place de chef au sein de la nouvelle assemblée. Quelque chose comme Premier vice-président chargé des finances avec un bureau de son choix en personnel et des nouveaux meubles !
Première réunion de mise au moins à la mairie UMP de Mamoudzou chef lieu, le lundi 28 mars pour s’accorder sur le deal et formaliser les choses. Jusqu’ici tout va bien !
Mais entre temps, une bataille rude de chefs est entraine de se dérouler au sein même de l’UMP. Entre Zaidou Tavanday et le président sortant Ahamed Attoumani DOUCHNA, rien ne va plus. Le jeune Zaidou soutenu par Mansour Kamardine veut prendre sa place. C’est son heure. Le vieux loup Douchina est soutenu, semble-t-il par Paris doit se maintenir en poste. Des portes ont claquées et des noms d’oiseaux ont été prononcés.
Pendant que l’UMP se livre à une guerre de chefs interne, les progressistes avancent leurs pions.
Mardi conférence de presse des leaders du parti progressistes. Ils annoncent avoir la majorité de 11 voix contre 8 de l’UMP ! Immédiatement l’UMP dément mais l’intéressé M. Zaidani ne nie, ni ne confirme. C’est alors que le conseiller de Bandraboua Siaka abdillah (PS) qui vient de joindre l’UMP exige d’être le premier vice président chargé des finances. La place promise à M. Zaidani.
Mercredi matin deuxième réunion de crise à l’UMP. Invitation de M. Zaidani pour revoir si les accords tiennent toujours et modifications des attributions. Il récupère suite à cette réunion le poste de deuxième vice président, laissant le conseiller de Bandraboua le plaisir d’occuper les finances.
Sortie prévue à 11h56 pour aller déjeuner et célébrer cette nouvelle alliance, les petits fours et le champagne étant déjà réservés. Mais dès la sortie de la mairie une voiture à vitres teintées et venue récupérer M. Zaidani pour une destination inconnue. Personne ne le verrai plus jusqu’à jeudi matin 9h00 dans l’hémicycle du conseil général tout penaud. Entre temps il aurait avertir vers 23h00 l’UMP qu’il venait de changer d’avis et qu’il avait décidé de s’allier avec les progressistes. Bien sur sans explication supplémentaire.
C’est seulement au lendemain que les élus de l’UMP venaient d’apprendre que de l’autre coté, il allait être président ! Le choix était donc facile à faire. Pourquoi être prophète quand on peut avoir la place de dieu ?
Résignés et en colères de voir la direction du conseil général leur échappé, le groupe de M. Tavanday décident de ne pas se rendre à l’assemblée en représailles. Et c’est en ce termes qu’il s’exprime : « si maintenant personne ne respecte sa parole, alors moi aussi je vais faire ce que je veux. Je ne m’y rendrai pas à l’hémicycle quelle que soit les conséquences ».
Annulant de fait l’élection du président pour quorum non atteint. Ils ont quand même pris le temps d’avertir la ministre de l’outre mer et le préfet de Mayotte. Le préfet est simplement resté continuer ses affaires, quant à madame la ministre dans le vol direct à destination de Mayotte, elle fut déroutée à la Réunion ou elle séjourne encore jusqu’à dimanche pour l’élection obligatoire.
Ce fut dont un beau bordel, de trahisons, de coups bas, de fourberies, et de promesses non tenues. Nombreuses questions se posent maintenant. Comment les progressistes composés de plusieurs tendances politiques pourront diriger cette assemblée ? Comment s’assurer que cette union anti-UMP ne puisse pas se défaire dans les jours (on parle en jours…) à venir vu le spectacle PITOYAGE que nous venons de vivre ? Comment le programme du MDM diamétralement opposé à celui du PS et du PSM va-t-il pouvoir se mettre en place ? Comment les socialistes d’Ibrahim Aboubacar peuvent-ils de l’UMP autrefois alliés ?
Plus encore, quel rôle à réellement jouer le sénateur Adrien Giraud dans ce putsch ? Aurait-il joué contre son camp ? Nous rappelons que le sénateur Adrien Giraud est inscrit du coté de la majorité au sénat, allié donc de l’UMP ! Pourra-t-il se présenter au sénat et s’assoir à coté des collègues qu’il vient de trahir ? A suivre avec intérêt….
De sources proches il semblerait que les jeunes loups qu’il a financé les campagnes ont décidé de faire cavalier seul n’écoutant plus personne. Après tous maintenant qu’ils sont élus ils sont libres de leur choix ! En un mot, il semblerait que le sénateur Adrien Giraud s’est fait tout simplement largué.
Pour l’heure, ce que nous savons, des tètes vont tomber à la section locale de l’UMP. Paris réfléchir sur les sanctions des dirigeants UMP de Mayotte pour ne pas avoir su éviter cette « belle petite merde ».
Quoi qu’il en soit, nous aurions appris une belle leçon du comportement de nos élus. On pensait que les anciens étaient « ce que vous penser », mais on se rend bien compte que cette maladie est contagieuse car on aurait imaginé les jeunes arrivés différents !
Ce qu’il faut retenir, les unions illégitimes en politique n’ont jamais fait de programme pour un pays et que à Mayotte, tous ces élus ne pensent qu’à eu, leur personne, leurs familles et leurs privilèges !
Tant pis pour ces électeurs naïfs qui se sont laissés trompés ! Il y a certainement de quoi augmenter le taux d’abstention. |