MAYOTTE-OBSERVER
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Publié le 24/02/2010


Mayotte-Comores, encore un film consacré aux Comores ! Une attaque en règle.

 

 

l’union des comores 


C’est la mode en ce moment ! Depuis que Mayotte va devenir le 101ème département français, nombreux sont les documentaires sur les Comores, quand ce n’est pas sur Mayotte, qui sortent. Vous êtes réalisateur en mal de notoriété ou de reconnaissance, aller en vacance aux Comores avec votre caméscope personnel et publier les vidéos en montant un documentaire.

 

Prévu pour sortir en octobre prochain, le pseudo documentaire sur les Comores réalisé par une certaine Marie Dominique Massol va bientôt être projeté dans les salles françaises. Il semblerait que la réalisatrice tente ici de casser les clichés négatifs des Comores, dominés par l’instabilité politique et les coups d’états à répétitions depuis trente cinq ans. L’auteur veut donc proposer un autre regard de ces îles des « sultans batailleurs ». Le documentaire sera intitulé « Comores-Mayotte, l’archipel insoumis » !

 

Dans ce titre « Comores-Mayotte, l’archipel insoumis », on voit déjà le coupable habituel, la France, tout désigné (avec le petit doigt). Pourquoi un film qui veut parler des aspects paisibles des Comores, les traditions en particulier, le mode de vie en général, commence par le mot « insoumis » ?  Un mot qui établit déjà un rapport de force entre deux entités, si ce ne sont pas plusieurs ! Sans comprendre le mot, vous pensez de suite à ce rapport entre la France et les Comores. L’auteure veut-elle nous dire que les Comores n’ont jamais été soumises à leurs traditions ? A leur mode de vie ? Insoumises à quoi ? Beaucoup de questions peuvent se poser sur le choix d’un tel titre. Je vous laisse le soin d’aller voir le « petit robert » pour la définition !

 

En visionnant la bande – annonce on découvre une cascade d’images de la Grande Comore, de manière exclusive sans une seule image de Mohéli ni de Mayotte ou d’Anjouan. On parle de grand mariage comme une tradition Comorienne. Que nenni, il s’agit d’une tradition grande-comorienne et non Comorienne dans l’absolu. L’auteure oublie que les Comores, l’archipel ne se résume pas à Moroni et Ngazidja.

 

Il ne suffit pas de filmer et faire un montage d’images pour prétendre parler des Comores. Il faut aussi prendre en compte les susceptibilités locales.

 

Dans cette bande-annonce on découvre aussi que les Comores constituent un seul et unique peuple. Et immédiatement à la suite, l’auteure introduit l’histoire tumultueuse des sultans batailleurs. Il y a un peu comme une contradiction. La notion de  « petits sultanats » vient démontrer qu’il y a plusieurs peuples des Comores. Puisque chaque sultan ne règne que sur un seul peuple !

 

En parlant « d’un seul peuple », l’auteure tente de faire glisser subtilement aux spectateurs, que Mayotte et les autres îles des Comores ne forment qu’un seul et unique peuple que ces démons « français » ont séparés. On fait donc ici de la politique sous couvert de traditions.

 

Qui pourrait penser que l’islam des Comores et ouvert et tolérant ? N’y a-t-il pas un membre d’Al-Qaida Comorien ? N’est-ce pas là-bas que la religion est la religion d’état ? N’est-ce pas là-bas que les femmes sont interdites de mini-jupes ? Article 1er projet de loi référendaire de la constitution de l’Union des Comores.: « -puiser dans l’Islam, religion d’Etat, l’inspiration permanente des principes et règles qui régissent l’Union, ». Ceci veut tout de même dire que seul l’islam est toléré ! Il n’y a pas de place pour les autres religions. L’auteure n’est certainement pas au courant de cela.

 

Et pour finir avec la bande-annonce, on y voit à la fin un gros panneau où est inscrit le nom de Mayotte. Un panneau qui revendique le retour de Mayotte dans le giron comorien.

 

La communication sur ce pseudo documentaire est accompagnée d’un dossier pédagogique et d’un article de presse. Le dossier pédagogique fait 6 pages et pas une de moins. Il est rapidement fait un descriptif de chaque île depuis sa naissance à ce jour. Mais soudain on s’aperçoit qu’aucun descriptif ou présentation de Mohéli n’est fait ! Si on parle de 4 îles des Comores, on les présente toutes les 4 ! Et drôlement le descriptif de la grande-Comore est le plus long ne laissant aucune place à Mohéli. Mohéli n’existe donc pas aux Comores tout simplement.

 

En parcourant, le chapitre « espace historique », on est interpellé rapidement par les contradictions de l’auteure lorsqu’elle parle de l’indépendance. On apprend ainsi que Ahmed Abdallah à proclamé unilatéralement l’indépendance des Comores malgré le report demandé par la France. Attention, ici le mot « unilatérale » a été soigneusement oublié par l’auteure. Ce mot a tout son sens dans l’histoire des Comores. Lorsqu’un président des Comores proclame l’indépendance sans discuter avec les autres et avec mépris, il en a pour ses frais. Les mahorais ont donc refusé de partir à l’aventure avec des futurs dictateurs.

 

On entend dire qu’il s’agit d’un documentaire non politique. Lorsque l’auteure parle de « au mépris de toutes les lois internationales », la France et Mayotte sont immédiatement accusées. Mais elle oublie ou faire exprès d’oublier le traité de cession de l’île à la France le 25 avril 1841. Ce traité vaut autant que celui de la France et les Etats-Unis d’Amérique sur la Louisiane le 30 avril 1803, (les États-Unis achètent à la France pour 60 millions de francs). Où celui de la Russie et les Etats-Unis pour l’Alaska (En 1867, les États-Unis achetèrent à la Russie le territoire de l'Alaska). Pratique courante de cette époque, ce traité vaut plus que toutes les lois internationales. Et, toute autre forme de procès est nul est non avenu ! Peut être que l’auteure ignore tout cela ?.

 

En continuant, on y apprend aussi que la polygamie, jusqu'à 4 femmes, est autorisée. Il aurait sans doute été judicieux de rappeler qu’à Mayotte cette pratique est interdite depuis les accords de 2000 et la loi de juillet 2001. Quant à alcool, ceci n’est ni interdit sur le territoire Comorien, ni sur Mayotte ! A Mayotte les gens sont responsables de leur agissement vis-à vis de l’alcool. C’est au Comores que l’hypocrisie est encore très forte sur ce point. Il parait que c’est interdit et pourtant les weekends, les rues sont jonchées de « coma éthyliques ».

 

Et le summum des incohérences vient lorsque l’auteure présente la population. Aucun discernement entre les chiffres de Mayotte et les autres îles. On apprend ainsi qu’il y a plus de 60% de la population sous alimentée ! Ou ça ? À Mayotte ? Rien de cela ! Quand bien même le développement de Mayotte est encours, la faim est vaincue. Plusieurs étapes de la pyramide de Maslow ont été franchies à Mayotte.

 

Un dossier pédagogique truffé de contradictions et des contre-vérités. Des images chocs et focalisées sur la Grande-comore pour résumer les traditions Comoriennes. Des données fantasmagoriques. Un joli montage des vidéos de vacances et au final un documentaire qui trompe le spectateur.

 

Pour conclure sur la grande nouveauté, Dzaoudzi est la principale ville de Mayotte, affirme l’auteure dans son dossier pédagogique ? Heureusement qu’elle n’enseigne pas nos enfants !