
Publié le 17/04/2010 - 15h00
Départementalisation « Acte premier » : disparition des Cadis !
Ici le Grand cadi, la plus haute autorité religieuse de Mayotte
L’unité affichée lors de la consultation du 29 mars 2009 entre les élus de tout part pour la départementalisation de Mayotte, est partie en éclat au lendemain même des résultats. Cette scission s’est accentuée lors de la visite de Nicolas Sarkozy le 18 janvier 2010 et surtout lors de la réception, récente, des élus Mahorais au ministère de l’Outre-mer.
En effet, Il y a à peine un an le 29 mars 2009 que la population de Mayotte a voté à plus de 95% pour la départementalisation de leur île faisant confiance à un pacte dit adapté à notre culture et à notre religion (95% des mahorais sont musulmans).
Depuis, des nombreux élus de l’opposition dénoncent les zones d’ombre qui subsistent sur le pacte signé, la difficulté du gouvernement à tenir ses engagements et surtout le diktat de Paris.
Actuellement une foule de décision arrive par l’autoroute de la désillusion de Mayotte sans passer par le péage du conseil général. Ces décisions prennent effet immédiat sans une campagne préalable d’explication. La faute à qui ? Pour les élus c’est le gouvernement qui ne met pas assez les moyens pour la mise en place du processus de la départementalisation. Pour le gouvernement, c’est le silence funèbre !
Exemple de cette nouvelle polémique autour de responsabilité et l’éradication des cadis. Il est prévu dans le pacte pour la départementalisation que ces derniers deviendraient des agents de médiation sociale. Or, d’après certains élus, ils disparaitront purement et simplement.
Au moment où nous revendiquons notre libre choix tout en espérant que des lois respectives et respectables soient adaptées à notre culture, à notre coutume ainsi qu’à notre religion, voilà que le gouvernement semble sourd et aveugle. Il laisse comme chien de guide les élus mahorais sans aucune expérience sur l’itinéraire de notre avenir et ce dans l’indifférence totale.
Il appartient ici de souligner que les mahorais ne comptent pas vivre à 100% à la française, mais ils sont prêt à vivre à 100% avec la France dans un état de droit et de devoir, comme le fait déjà les basques, les Alsaciens et les Antillais.
L’histoire nous permet aujourd’hui d’avancer petit à petit tout en gardant nos valeurs morales et sociale afin que la génération future puisse jouir elle aussi des avantages que nous même avons su mettre en place.
Mais qu’appelle-t-on conseil de sages ?
Comme partout en France, le Conseil de Sages est une instance de réflexion et de propositions. Par ses avis et ses études, il éclaire le Conseil municipal sur les différents projets intéressant la commune et apporte une critique constructive. Comme toute instance consultative le Conseil de Sages n'est pas un organisme de décision. Cette dernière appartient aux seuls élus légitimés par le suffrage universel.
Plutôt que des faire une suppression pure et simple, pourquoi nos élus ne les transforment pas en membre du conseil des sages de Mayotte. Ils auront le même rôle consultatif en plus de la résolution des conflits de proximité.
Notre principal souci actuellement c’est bien entendu la disparition pure et simple des grands cadis qui à l’avenir peuvent jouer un rôle fondamental sur les décisions de nos actes comme jadis il fût un temps avant l’arrivée des européens sur notre sol.
Mayotte regarde avec des yeux d’enfant vers l’avenir. Des enfants nés dans une république avec un mélange de couleur de peau comme sur le drapeau qui nourrit notre culture tout en gardant des souvenirs partagés entre deux mondes totalement différents.
Aucun mahorais ne peut se permettre d’interdire la vente de porc dans un magasin ou même faire opposition à une ouverture d’une brasserie sous prétexte que MAYOTTE est une terre musulmane et qu’on doit vivre à la musulmane .
Personne ne jugera de la façon ou la manière que se vêtira un citoyen respectant les principes d’un état de droit, pour tous !
Nul ne peut se permettre d’interdire des jeunes filles de se sentir belle et à l’aise dans des habits traditionnels musulmans ou autres sous prétexte qu’on se croit meilleur que d’autres.
La laïcité partagée est une forme de reconnaissance consentie par deux peuples qui envisagent de faire partie d’un même monde de tolérance.
Il existe bel et bien un conseil de sage dans l’ensemble des états souverains dans le monde chrétien, musulman, judaïque ou autre ?
Alors ne serait-il pas aussi sage d’envisager par exemple qu’un conseil de grands cadis puisse faire office de juge social, de conseil sur notre territoire afin de ne pas perdre une coutume qui date depuis des décennies et ainsi valoriser un jugement adéquat et même répondant à nos attentes ?
Créer un conseil de sage permettrait aux citoyens locaux de trouver des conseils et la résolution des problèmes de proximité avant d’aller à la justice républicaine.
Les cadis comme les prêtres ont leur place dans la république française. Mais est-ce qu’ils doivent avant tout prouver leur compétence en la matière pour regagner la confiance du peuple et de la constitution ?
La séparation de l’Église et de l’État est une doctrine politique qui repose sur l'idée que les institutions étatiques ou les gouvernements nationaux devraient être séparé des institutions religieuses. Ainsi dans ce conseil de sage, les cadis ne seront pas des religieux, mais des conseillers de la société.
Voici donc une proposition qui devrait intéresser nos élus de tout bord politique.
N.steph