
Publié le 27/05/2010
Union des Comores : la tragi-comédie de la tournante continue à l’égard des Mohéliens.
L'homme fort de l'Union, M. SAMBI
C’était il y a quelques mois le président Ahmed Abdallah SAMBI venait de demander à son assemblée de valider la prolongation de son mandat de 18 mois, sous prétexte d’harmoniser les élections des présidents de chaque île avec celles du président de l’Union. Dans ce texte voté il y avait entre autre cette prolongation, mais aussi la transformation des présidents de chaque île en gouverneurs et bien d’autres points de moindre importance.
Immédiatement, c’est le scandale ! L’opposition à Moroni et à Mohéli crie à la manipulation et aux magouilles, et dénonçait une volonté manifeste de M. SAMBI à vouloir déstabiliser les institutions en touchant à un élément important de la nouvelle constitution de l’union. Des « motions de censure » ont été déposées à la cours constitutionnelle et les sages de l’union, qui n’ont pas de représentant de Mohéli ont pris leur temps pour examiner les requêtes de chaque partie.
Entre temps les manifestants Mohéliens qui sont descendus dans les rues se retrouvaient face aux forces de l’ordre, la gendarmerie composée des agents venus tous exclusivement de Moroni et d’Anjouan. Trois jours durant les Mohéliens se sont retrouvés réprimés et bâillonnés. Restriction des circulations, couvre-feu après 18h00, arrestations arbitraires des pseudo-leaders des mouvements sont instaurés pour intimider la population de la plus petite île de l’archipel des Comores.
On dénombrait ainsi une trentaine de blessés dont 5 graves avec une évacuation sanitaire vers Mayotte.
Pendant que la répression s’installait sur le territoire Mohélien, ceux qui sont à l’étranger se mobilisaient pacifiquement à Mayotte et à Paris pour trouver une solution équitable. Pendant ce temps l’Union Africaine, la France, et l’Afrique du sud ont ouvert les discussions avec le président SAMBI et les représentants politiques de Mohéli. Que nenni ! L’échec est total. Chacun est retourné dans son camp.
Et voilà que la cours constitutionnelle de Moroni vient d’invalider la prolongation du mandat de M. SAMBI. Oui mais, la comédie dramatique vient justement de là ! La cours invalide le souhaite de M. SAMBI par contre elle l’autorise à assurer l’intérim sine die pour organiser les élections. Un N-ième affront pour les Mohéliens qui interprètent cela comme un manque de reste notable de leur population. « Il nous prennent pour des moutons, assurer l’intérim sans calendrier revient à dire que la cours est d’accord avec M. SAMBI ».
Si la cours constitutionnelle de Moroni voulait réellement apaiser les tensions et préserver l’Union, elle aurait sans doute créée une autorité de transition qui devrait organiser les élections en moins de trois mois ou après les 18 mois. Le fait que ce soit le sortant qui assure cette transition semble un peu comique et farfelue alors même que ce dernier est contesté.
Quel jeu joue donc la cours constitutionnelle ? Certainement un jeu dangereux qui pourrait coûter l’union ou probablement le prix du sang.
Quoi qu’il en soit, la date du 26 mai est passée, M. SAMBI est toujours au pouvoir et les Mohéliens sont désemparés. Et dire que c’est cela que l’Union des Comores a à proposer aux Mahorais, l’instabilité, la répression, la domination, et le dénigrement.
Face à ces agitations, qui perdurent depuis le temps des sultans batailleurs, Mayotte a encore eu raison de confirmer son choix à rester dans la république Française. L’île de Mayotte deviendra le 5ème département français d’outre-mer en avril 2011.