
Publié le 02/02/2010
Un réseau de faussaires comoriens a été démantelé en France
Les documents convoités, l'objet du délit !
Un réseau de faussaires comoriens vient d'être démantelé par la police aux frontières (Paf) du Gard, dans le sud de la France, révèle le quotidien régional Midi Libre. C'est en accumulant des faux papiers anodins, comme les factures de téléphone, que les faussaires parvenaient à s'en procurer des vrais pour leurs « clients ».
L'affaire est restée secrète jusqu'à la fin du mois de janvier, afin de ne pas perturber l'enquête. Une dizaine de personnes ont alors été interpellées à Nîmes et Marseille. Mais la zone d'action de ces faussaires était beaucoup plus large puisque les enquêteurs ont retrouvé une centaine de dossiers déposés à Nîmes, Montpellier, Alès, Marseille, Bordeaux, Nice, Foix, Pamiers, Montauban, Poitiers, Mâcon, Bourg-en-Bresse, Saint- Étienne, le Puy-en-Velay...
Les filatures, les écoutes, ont permis de démanteler la filière des faussaires. Ils avaient installé leur atelier de fabrication à Marseille, simplement équipé d'ordinateurs, d'un scanner et d'une bonne imprimante. Le tout permettait la falsification des factures EDF ou celles des faux actes de naissance, certifiés par des tampons plus vrais que nature.
En août 2009, les services de la Paf avaient été alertés sur des dossiers de cartes d'identité déposés à Alès qui semblaient alimentés par d'étranges actes de naissance établis dans des communes de Mayotte. Les policiers grattent et découvrent qu'à Nîmes aussi, des dossiers similaires sont en attente. Tous ont pour point commun d'être alimentés par des faux de toutes sortes : actes de naissance, factures EDF, attestations d'assurance. Les actes de naissance trafiqués sont porteurs de faux tampons de communes de Mayotte (Sada, Tsingoni, Mamoudzou). Les sceaux de la République française de cette zone de l'océan indien ne sont pas familiers des services d'état civil de métropole. Ce qui permettait à des ressortissants comoriens d'obtenir la nationalité française
C'est à Marseille, qui compte la plus importante communauté comorienne, que les faussaires "travaillaient" avec des rabatteurs et des accompagnateurs. Ces derniers guidaient les Comoriens dans leurs démarches et allaient jusque dans les mairies récupérer les papiers avec le demandeur. Le "kit carte d'identité" était facturé entre 1 000 et 3 000 €. Ce joli coup de filet de la Paf sur ces officines pourrait, à terme, mettre au jour une fraude massive aux organismes sociaux.
Source : Midi Libre