
Publié le 28/12/2009
ECONOMIE. L’AFD accorde un prêt de 20 millions d’euros à Mayotte

Il le criait partout et le disait à qui veut l’entendre, « J’ai obtenu accord verbal de l’AFD sur un prêt de 20 millions d’euros » ! Ses détracteurs de l’opposition ne voulaient rien entendre sans les documents officiels.
C’est maintenant chose faite ! Ainsi, L’Agence française de développement (AFD) a approuvé un prêt de 20 millions d’euros à la collectivité départementale de Mayotte pour le financement partiel de son budget d’investissement 2009-2010. L’Etat avait demandé début décembre à l’AFD de soutenir financièrement Mayotte, selon un "plan de redressement de la situation budgétaire" signé par la ministre chargée de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard et le président du Conseil général de Mayotte Ahmed Attoumani Douchina.
Ce prêt doit contribuer au financement des investissements de 2009 de la collectivité départementale et diminuer d’autant son déficit. Dans une déclaration commune, les deux parties avaient également annoncé que dès 2010, l’AFD sera sollicitée pour couvrir 50% du besoin d’emprunt annuel de Mayotte (estimé à environ 30 millions d’euros) pour contribuer au financement de ses investissements. Enfin, l’AFD étudiera la possibilité d’octroyer en 2010 un prêt spécifique de 13 millions d’euros.
Pour rappel le conseil général de la collectivité départementale de Mayotte présent des comptes déficitaires de prêt de 92 millions d’euros. La chambre régionale de compte a dresser un bilan catastrophique et a mis en place une série de recommandation que le conseil général doit adopté pour redresser ma barre.
Ainsi, ces 20 millions d’euros pour financer les investissements du 5ème département d’Outre-mer ne seront pas de trop. Pour devenir département en l’espace d’une année, 2011, il y’a tout à faire à Mayotte et la ministre d’Outre-mer qui s’est rendue plusieurs fois sur place connaît très bien les besoins de cette île. Le défi lui revient !
Des routes à aménager, des infrastructures Aéroportuaires à terminer, des tensions sociales à contrôler, des intégrations dans la fonction publique à achever, une mise en place du droit commun intégral à réaliser rapidement.
Cette manne financière venue de la Métropole doit être contrôlée de près. L’argent doit être investi dans les projets réels qui profiteraient à l’ensemble de l’île. Il ne sera pas question ici d’utiliser cette manne pour embaucher du personnel pléthorique au sein des établissements publics, ni à payer les agents fictifs de la collectivité, ni non plus à payer les aller/retour inutiles des élus et des agents de la collectivité en Métropole pour des ballades ou du shopping.
L’état et l’AFD sont avertis ! Pour que Mayotte ne vive jamais le mois de décembre comme celui de 2009, il va falloir mettre sous tutelle les élus de Mayotte et les responsabiliser. Les impliquer davantage dans les projets qu’ils soutiennent et les sanctionner le cas échéant. Le temps du laxisme est désormais en voie de disparition sur le sol de Mayotte. Et avec le renouvellement des conseillés territoriaux (anciennement conseillers généraux, dixit Projet Balladur), Mayotte pourra espérer avoir des élus digne de ce nom.